17 février 2022
L’ouverture chaque année de la plus dense route d’hiver du monde, qui court du lac Tibbitt jusqu’à Contwoyto au nord, pose la question de la pérennité de ce modèle de transport, mis en danger par le changement climatique.
D’après Lambert Baraut-Guinet
Le changement climatique pourrait rapidement affecter la durabilité et la santé des routes de glace dans le Nord canadien. Une équipe de scientifiques irlandais et canadiens a étudié l’évolution de l’épaisseur de la glace sur les lacs de la plus longue route d’hiver canadienne. Cette route de quelque 400 km, qui va du lac Tibbitt au lac Contwoyto, au nord de Yellowknife, dessert les mines de diamants des TNO. Avec environ 60 jours d’ouverture ces dernières années, elle pourrait perdre presque dix jours d’ouverture dans un scénario de réchauffement du climat de 2 °C. Si les températures continuent d’augmenter, la période d’ouverture pourrait même être amputée de plusieurs semaines.
Comme le souligne l’étude, parue en 2021, « la route de Tibbitt à Contwoyto présente un intérêt économique considérable », car elle demeure le seul accès terrestre aux mines de diamant Ekati, Diavik et Gahcho Kué. Par cette voie d’accès transitent annuellement plus de 500 millions de dollars d’équipement, de ciment, de carburant ou d’explosifs indispensables au fonctionnement des mines. Cette route est la route d’hiver la plus active du monde, enregistrant un trafic de plus de 10 000 convois annuels transportant plus de 300 000 tonnes de matériel.
Les résultats de l’étude de Donal Mullan, professeur en géographie physique à l’Université Queen’s de Belfast, et de ses collègues résultats suggèrent « qu’un réchauffement de 2 °C pourrait être un point de non-retour pour la viabilité de la route de Tibbitt-Contwoyto. Au-delà, son exploitation demandera, au mieux, des adaptations couteuses, au pire une transformation totale des moyens de transport utilisés. »