le Vendredi 29 août 2025
le Jeudi 11 mai 2023 12:33 Environnement

Risques de feux de forêt extrêmes aux TNO

Risques de feux de forêt extrêmes aux TNO
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Les autorités ténoises s’attendent à une saison « extrême » d’incendies de forêt.

La chaleur, qui a fait fondre la neige beaucoup plus tôt que prévu dans certaines régions des Territoires du Nord-Ouest, et les conditions sèches retiennent l’attention des autorités. « Une grande partie des TNO est soumise à des conditions d’incendie extrêmes jusqu’à la fin du mois de mai », a indiqué le directeur des opérations d’incendies aux Territoires du Nord-Ouest, Richard Olsen, lors d’une conférence de presse le 4 mai. Selon lui, cela se poursuivra « en grande partie jusqu’en juin », en particulier dans la région du Grand lac des Esclaves et dans certaines zones du Slave Sud et du Dehcho.

Des spécialistes du comportement des incendies ont utilisé des modèles météorologiques pour établir des prévisions sur la gravité des feux pour la saison à venir. Selon eux, les conditions devraient être chaudes et sèches tout au long des mois de juin, de juillet et, probablement, d’aout, sauf pour le Sahtu et le Delta de Beaufort où il devrait faire plus frais et pleuvoir plus qu’à la normale.

En fin de saison l’an dernier, rappelle Richard Olsen, la végétation en surface et les couches d’humus s’étaient asséchées et les nappes phréatiques semblaient s’être abaissées. « Cela augmente le combustible disponible, d’où la possibilité d’incendies plus nombreux et plus violents », affirme-t-il.

Le risque le plus important se situera dans les champs ou les prairies. « Si le vent favorise les feux, ils vont démarrer très rapidement et se déplacer très vite », avertit-il.

Son équipe a surveillé la neige, les précipitations et l’assèchement ce printemps afin de rapidement repérer des incendies hibernants. Ces feux persistent dans le sol à l’état dormant durant l’hiver. « Les conditions sont réunies pour que cela se produise dans le Dehcho ou le Slave Sud, dit Richard Olsen. On le découvrira bientôt. »

(Courtoisie : GTNO)

 

Une autre longue saison ?

L’an dernier avait été une saison tardive exceptionnelle, qui s’est prolongée jusqu’en octobre. Plusieurs incendies, dans le Dehcho et le Slave Sud, ont même progressé jusqu’à ce que la neige tombe. Rappelons que les 262 incendies de forêt de l’an passé ont brulé environ 581 000 hectares – la moyenne des 10 dernières années est de 201 incendies par an qui détruisent environ 653 000 hectares.

Bien que les autorités ne savent pas à quoi s’attendre pour cet automne – certains modèles leur suggèrent une longue saison et d’autres une diminution des risques dès fin aout –, elles se préparent au pire. « La saison sera plus longue pour la plupart des équipes de pompiers », avance le directeur des opérations d’incendies, Richard Olsen.

Grâce à du financement des gouvernements territorial et fédéral, la présence des équipes de pompiers pourra être prolongée de plus de deux semaines, au besoin, dans la plupart des communautés. Deux équipes de pompiers ont aussi été ajoutées, l’une à Inuvik et l’autre à Dettah, ce qui porte à 34 le nombre total d’équipes sur le terrain.

Chaque équipe compte quatre membres, totalisant ainsi 136 pompiers. Ces derniers sont soutenus par une centaine de personnes qui participent aux opérations quotidiennes de lutte contre les incendies. Les TNO comptent aussi une réserve d’environ 200 pompiers qui peuvent être mobilisés.

L’ensemble des équipes de pompiers sera déployé d’ici la mi-mai et certains rafraichissent déjà leur formation dans le Sahtu et le Dehcho.

 

Prévention et amélioration continue

Pour aider les communautés à s’adapter à des saisons d’incendies plus longues et plus intenses – ce à quoi on s’attend avec les changements climatiques –, le gouvernement mise sur des stratégies Intelli-feu. Ces efforts, précise le porte-parole à Environnement et Ressources naturelles du gouvernement territorial, Mike Westwick, « ont reçu un grand coup de pouce l’an dernier grâce à un financement fédéral de 20 millions de dollars ».

L’argent d’Ottawa a permis de créer des coupe-feux, d’achever des activités de gestion de la végétation dans 29 communautés et permettra d’accélérer le déploiement de stratégies pour protéger un maximum de résidents, énumère Mike Westwick. Des stratégies, rappelle-t-il, que les Ténois peuvent souvent mettre en place eux-mêmes autour de leur terrain.

Grâce à un autre financement fédéral, cette fois d’Environnement et Changement climatique Canada, les autorités ténoises envisagent de recruter du personnel supplémentaire cet été et des personnes spécifiquement chargées de la prévention au cours des prochaines années.

Ces fonds serviront aussi à améliorer la formation des pompiers, détaille le directeur des opérations d’incendies aux TNO, Richard Olsen. Le programme de premiers secours, actuellement de deux jours, devrait passer à cinq jours. Les formations liées à la tronçonneuse et à l’allumage pour les pompiers seront bonifiées et une formation sur la santé mentale sera organisée.

Une partie des fonds servira aussi à acheter de l’équipement, qu’on parle de nouveaux véhicules, de caméras servant à la détection ou d’appareils de télécommunication. Les pompiers recevront par ailleurs des téléphones dotés d’une nouvelle technologie pour suivre les incendies et seront formés en conséquence.

Richard Olsen assure que son équipe se tient au courant de tout ce qui se fait de mieux en gestion d’incendies. Plusieurs de leurs partenaires proviennent d’universités à travers le Canada et de spécialistes aux États-Unis.

 

Activité humaine non négligeable

Si 90 % des incendies de forêt aux TNO sont dus à la foudre et seulement 10 % à l’activité humaine, le plus souvent à cause d’un feu de camp mal éteint, ces derniers coutent néanmoins cher.

Au cours de la dernière décennie, le gouvernement a dépensé « plus de 1,5 million de dollars » pour éteindre ces 20 à 30 incendies évitables par année, affirme Richard Olsen, rappelant que « cet argent aurait pu servir au logement, à la santé ou à l’éducation ». Il a dit espérer que les gens feront « vraiment attention aux feux qu’ils allument et qu’ils s’assureront qu’ils sont complètement éteints afin d’éviter de priver leurs amis, leur famille et leur communauté d’un bénéfice. »

Selon le directeur des opérations d’incendies, des éclairs risquent de zébrer le ciel une semaine ou deux plus tôt qu’à la normale. La foudre débute habituellement vers la fin du mois de mai et s’intensifie dans les deux premières semaines de juin.

Il est possible de signaler un feu de forêt en téléphonant au 1-877-NWT-FIRE et, si de la fumée vous inquiète, de visiter le site firesmoke.ca ou de téléphoner au 867-445-5484. Le site web du gouvernement ténois fournit une mise à jour récente des incendies. La saison 2023 compte déjà deux feux à son actif, dont un seul est éteint.