le Dimanche 31 août 2025
le Samedi 30 août 2025 8:09 Environnement

Aux TNO, un million de kilos de déchets dangereux retirés des collectivités

À Ulukhaktok en juillet 2023, le personnel de KBL Environmental s’affaire à retirer de la décharge un camion-citerne.  — Courtoisie MAMC
À Ulukhaktok en juillet 2023, le personnel de KBL Environmental s’affaire à retirer de la décharge un camion-citerne.
Courtoisie MAMC
Le programme de ramassage des déchets dangereux dans les collectivités ténoises se terminera cette année à Deline, Łutsel K’e, Aklavik et Fort Resolution. Le ministère des Affaires municipales et communautaires (MAMC) s’attèlera ensuite au ramassage des ferrailles dans 27 collectivités.
Aux TNO, un million de kilos de déchets dangereux retirés des collectivités
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Depuis le lancement du programme en 2022, qui se termine cette année, près d’un million de kilogrammes de déchets dangereux ont été retirés d’une vingtaine de collectivités des TNO, clame le MAMC. Le fédéral couvre 75 % des couts du projet – un total de 5,75 M$, les administrations communautaires payant le reste.

Le créneau des déchets dangereux couvre une gamme étendue de matériaux, explique Gerald Enns, directeur technique Eau et Assainissement au MAMC : restants de peinture, batteries, bonbonnes de gaz, ampoules fluorescentes, appareils contenant des gaz réfrigérants, véhicules avec carburant, huile, etc. « Il y a aussi, des éléments chimiques inhabituels provenant de différents projets, ajoute M. Enns. Ils doivent être manipulés avec précaution, étiquetés et confinés avant le transport et l’élimination. »

Le site d’enfouissement de déchets dangereux de Norman Wells, avant et après son nettoyage, le 20 septembre 2023.

Courtoisie MAMC
Courtoisie MAMC

Comment ça fonctionne ?

Lorsque la collectivité est située sur une route, le transport se fait facilement, par camion, précise Gerald Enns. « Mais dans des endroits comme […] Łutsel K’e, il faut attendre qu’une barge arrive et trouve de la place. C’est ce que nous attendons à Łutsel K’e cette année. Et nous devons aussi préparer les déchets dangereux à Aklavik afin qu’ils puissent sortir par barge si ça peut être casé dans l’horaire, autrement, ça devra sortir par les routes d’hiver. »

Dans le passé, des déchets dangereux du Sahtu et du Haut-Arctique – Ulukhaktok, Sachs Harbour et Paulatuk – ont été expédiés parfois par barge, parfois par routes de glace. En 2024 cependant, explique le directeur, il a fallu évacuer les déchets dangereux du Sahtu par les routes de glace plutôt que par voie maritime, en raison du bas niveau de l’eau. « On ne se fit plus au Mackenzie comme on l’a fait dans le passé », résume-t-il.

Lorsque le travail sera terminé à Łutsel K’e, Deline, Aklavik et Fort Resolution, le nettoyage aura été accompli dans les 26 collectivités ayant adhéré au programme.

Transport au sud

Après leur récolte, les déchets dangereux sont acheminés au centre de réception du sous-traitant du GTNO à Yellowknife, KPL Environmental. « Les déchets dangereux sont ensuite transportés dans de plus gros centres de traitement avec de plus grandes infrastructures, habituellement en Alberta, parfois en Colombie-Britannique, dit Gerald Enns. Ça peut être un lieu d’enfouissement sécuritaire, un incinérateur, un centre de traitement ou, parfois, de recyclage. »

27 collectivités encombrées par la ferraille

La prochaine étape de ce plan d’assainissement panténois consiste à se débarrasser des ferrailles encombrant 27 collectivités, regroupées en cinq projets régionaux pour des raisons de logistique.

Le directeur technique Eau et Assainissement concède qu’il faudra au moins deux ans pour faire le ménage. « Occasionnellement, le métal s’accumule depuis des décennies, explique Gerald Enns. Dans certains cas, aucune ferraille n’a jamais été extraite de la collectivité […]. Une partie des ferrailles ne se trouve pas dans le site d’enfouissement de déchets solides, [mais] sur des terres privées. […] Nous avons besoin de partenaires solides. […] Autant que possible, nous aimerions travailler avec d’autres gens ; ce n’est pas la responsabilité des collectivités de nettoyer les décharges de tout un chacun. Il y a des compagnies et des gouvernements qui ont déchargé de la ferraille dans les sites municipaux. N’importe qui […] se rendant dans ces sites d’enfouissement peut s’en rendre compte. […] Travailler avec le secteur des affaires et les gouvernements pour gérer ces déchets dans le futur est vraiment la prochaine étape. »

Et après ?

À l’heure actuelle, l’estimation des quantités qu’il y aura à transporter est avancée. Par contre, il faut préalablement transformer le métal afin de maximiser l’espace de transport et de diminuer son cout. « Nous devons essayer de faire un peu de transformation dans les communautés routières où nous avons accès à une presse à métal, une machine qui peut compresser le métal en petits cubes, à des cisailles pour le couper, précise M. Enns. Ça va être difficile d’apporter l’équipement nécessaire à Sachs Harbour ou à Ulukhaktok. Dans certaines communautés, nous devons simplement étudier les façons dont nous pouvons regrouper le métal et […] le transporter dans une zone de transit où sera l’équipement de transformation. »

Le ministère des Affaires municipales et communautaires doit aussi engager un sous-traitant pour effectuer une partie des opérations.