le Vendredi 3 avril 2026
le Vendredi 3 avril 2026 8:04 Francophonie

TNO : la francophonie cherche sa place dans le développement

Organismes francophones et élu.e.s ont pris part à une rencontre de sensibilisation visant à mieux faire connaitre la réalité et les besoins de la communauté francophone des TNO.  — Courtoisie Marion Perrin
Organismes francophones et élu.e.s ont pris part à une rencontre de sensibilisation visant à mieux faire connaitre la réalité et les besoins de la communauté francophone des TNO.
Courtoisie Marion Perrin

Les organismes francophones ont rencontré des élus pour présenter leur réalité. Une démarche de sensibilisation dans un contexte de croissance attendue de la population francophone.

TNO : la francophonie cherche sa place dans le développement
00:00 00:00

Les organismes francophones des Territoires du Nord-Ouest ont rencontré plusieurs élus pour mieux faire connaitre la réalité de la communauté à un moment qu’ils jugent charnière pour son développement.

Organisée le 26 mars au Chalet du club de ski à Yellowknife, cette rencontre visait notamment des députés territoriaux et des représentants municipaux, dans un contexte marqué par les projets d’infrastructures dans le Nord annoncés deux semaines plus tôt par Mark Carney, ainsi que par la croissance attendue de l’immigration francophone. « L’idée, c’était vraiment de leur présenter un peu l’état de la francophonie actuelle, explique à Médias ténois Audrey Fournier, directrice générale de la Fédération franco-ténoise (FFT). On se rend compte que peut-être beaucoup de député.e.s ne nous connaissent pas ou ne nous connaissent pas bien. »

Faire connaitre la communauté

Contrairement aux rencontres habituelles avec des ministres ou des fonctionnaires, l’initiative visait cette fois-ci à sensibiliser des élus qui sont moins souvent en contact direct avec les organismes francophones.

« On a davantage tendance à travailler avec les ministres ou les fonctionnaires puis on oublie souvent de sensibiliser les député.e.s », explique-t-elle.

Les échanges ont porté à la fois sur les défis et sur les perspectives de développement. La FFT et ses partenaires ont choisi d’aborder la discussion sous l’angle des opportunités, en lien avec les transformations à venir dans le territoire.

Parmi les éléments mis de l’avant : la présence importante de francophones au sein des forces armées canadiennes, ainsi que le maintien, et même l’augmentation prévue, des cibles d’immigration francophone.

« La communauté va accueillir plus de francophones. C’est une opportunité pour le territoire de façon générale, mais il faut être prêt », note Audrey Fournier.

Services sous pression

Cette croissance anticipée soulève toutefois des enjeux bien concrets, notamment en matière d’infrastructures et de services en français. « Il faut se structurer, se préparer, avoir des ressources, avoir des écoles, des places en garderie, des services en français », insiste-t-elle.

La situation actuelle montre déjà des signes de pression. « Nos écoles sont pleines », souligne la directrice générale, en évoquant notamment l’École Allain St-Cyr, tandis que l’École Boréale est au maximum de sa capacité depuis plusieurs années.

Pour la FFT, ces services de base sont essentiels à la rétention des familles francophones. « Il faut qu’ils aient la possibilité de mettre leurs enfants à l’école, la possibilité d’avoir des places en garderie qui parlent français, parce que sinon, c’est l’assimilation en partant », explique Audrey Fournier.

Au-delà de l’éducation, la question de l’intégration passe aussi par la vie communautaire, la culture et l’accès à de l’information en français. « Ça prend des occasions de socialisation, de la culture, ça prend des lieux de rassemblement », 

dit-elle, en évoquant notamment le projet de centre communautaire.

Des élu.e.s réceptifs

Selon Audrey Fournier, les député.e.s présents (Kate Reid, Shauna Morgan, Julian Morse et Kieron Testart), comme le conseiller municipal Rob Warburton, ont accueilli positivement la démarche.

Elle rapporte qu’un élu, installé sur le territoire depuis 20 ans, lui a confié avoir appris de nombreuses choses lors de la rencontre, notamment l’existence de projets qu’il ne connaissait pas jusque-là.

Ces réactions, selon la directrice de la FFT, confirment un manque de connaissance plus large au sein de la population et des décideurs. Une grande partie des gens ne connaissant pas la communauté francophone ou n’en ayant qu’une perception fondée sur des stéréotypes.

Démarche de sensibilisation

Malgré les enjeux soulevés, la rencontre ne visait pas à obtenir des engagements immédiats de la part des élus. « On n’a pas eu de demande particulière », précise Audrey Fournier. L’objectif, explique-t-elle, est plutôt de s’assurer que la francophonie soit prise en compte dans les décisions à venir.

Pour la FFT, cette première rencontre pourrait marquer le début d’un dialogue plus soutenu avec les élus. « C’est définitivement à refaire », conclut Audrey Fournier.