Le premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, R.J. Simpson, a porté à Ottawa un message constant : la souveraineté arctique ne se décrète pas, elle se construit sur le terrain, dans les communautés du Nord.
Dans un message publié sur sa page Instagram au terme de son séjour, R.J. Simpson a résumé l’esprit de sa tournée en affirmant que « la souveraineté arctique n’est pas théorique – elle se vit, chaque jour, par les gens du Nord », soutenant qu’un Canada fort repose sur « des investissements dans les personnes, les infrastructures et les partenariats ».
Priorités territoriales
Ce message, le chef du gouvernement ténois l’a répété à la Rencontre hivernale des premiers ministres, lors de rencontres avec des ministres fédéraux, devant les médias nationaux et au Nordic-Canadian Arctic Symposium. En conférence de presse à l’issue de la rencontre des premiers ministres, il a rappelé que les Territoires du Nord-Ouest se trouvent « au centre de l’avenir stratégique du Canada », en raison de leurs ressources et de leur position géographique. Il a toutefois souligné que ces ressources ne peuvent être mises en valeur sans un appui fédéral accru, précisant que les territoires, contrairement aux provinces, ne disposent pas de la même capacité à générer des revenus fiscaux.
Devant les journalistes, R.J. Simpson a mis de l’avant plusieurs projets d’infrastructures qu’il a qualifiés de « projets de construction nationale », dont le corridor économique et sécuritaire de l’Arctique et la route de la vallée du Mackenzie. Ces projets, a-t-il expliqué, visent à la fois à réduire le cout de la vie, à créer des possibilités économiques et à renforcer la sécurité nationale, notamment en assurant un accès fiable aux sites militaires situés au-delà du cercle arctique.
La souveraineté arctique n’est pas théorique – elle se vit, chaque jour, par les gens du Nord.
Enjeux de défense
Dans une entrevue accordée à l’émission Power & Politics de CBC, le premier ministre a lié plus directement ces projets aux enjeux de défense continentale. Il s’est dit encouragé par les signaux récents envoyés par Ottawa, affirmant que des investissements majeurs se concrétisent à Yellowknife et à Inuvik. « Ça se met en place, et rapidement », a-t-il déclaré en entrevue, soulignant que des travaux sont déjà en cours, notamment l’agrandissement de la piste d’atterrissage d’Inuvik afin de permettre l’accueil d’avions F-35.
Au Nordic-Canadian Arctic Symposium, le premier ministre a ancré ces enjeux dans la réalité quotidienne du territoire. Devant un auditoire composé de diplomates et de chercheurs, il a rappelé que les changements climatiques frappent le Nord « trois à quatre fois plus rapidement que la moyenne mondiale ». Il a cité les inondations records de 2022, les feux de forêt de 2023 et les évacuations répétées comme autant d’exemples démontrant que le climat, tout comme la souveraineté, « n’est pas théorique ».
Il a également insisté sur la nécessité de bâtir ces projets en partenariat avec les peuples autochtones. Lors de son intervention au symposium, il a affirmé que « des communautés fortes, c’est la souveraineté », rappelant que l’ensemble du territoire est couvert par des revendications territoriales et que les projets d’infrastructure doivent désormais être réalisés avec la participation et le consentement des gouvernements autochtones.
Commerce et unité
À Ottawa, R.J. Simpson a aussi abordé les dossiers commerciaux et l’unité canadienne. En entrevue à CBC, il s’est dit prudemment confiant quant à la capacité du Canada à défendre ses intérêts face aux États-Unis, tout en reconnaissant que le prochain accord commercial pourrait ne pas être aussi avantageux que l’actuel.
