Cette semaine à l’Assemblée législative, plusieurs député.e.s ont directement remis en question l’approche du gouvernement en matière de santé. Transport médical, accès aux soins et pénurie de personnel ont dominé les échanges le 9 et 10 février, alors que des élu.e.s ont dénoncé un écart croissant entre les réformes annoncées et la réalité vécue par les patient.e.s sur le terrain.
La ministre de la Santé et des Services sociaux, Lesa Semmler, a mis de l’avant des améliorations récentes, notamment une réduction des délais d’attente pour les services de laboratoire à Yellowknife et un renforcement de la collaboration avec Alberta Health Services. Mais du côté de plusieurs député.e.s, l’accent a surtout été mis sur ce qui est perçu comme des défaillances persistantes du système, en particulier pour les personnes les plus vulnérables.
Des critiques répétées
Le député de Range Lake, Kieron Testart, a reproché au gouvernement de privilégier les processus administratifs au détriment de l’accompagnement des patient.e.s, surtout en matière de transport médical. Selon lui, des familles doivent encore assumer des couts importants lors d’évacuations d’urgence. « Les familles méritent du soutien dans des moments de crise, pas de la confusion, du stress et un fardeau financier, a-t-il lancé. Il ne s’agit pas d’argent, mais de reconnaissance et de soutien, ce qui peut faire une réelle différence dans la vie des gens. »
Le lendemain, mardi 10 février, M. Testart est revenu à la charge en citant plusieurs cas concrets où des personnes accompagnantes ou des frais d’hébergement ont été refusés. Il a décrit un système qui, selon lui, ne tient pas compte de la détresse vécue par les patient.e.s et leurs proches. « Il y a ici un thème commun que tous les député.e.s connaissent trop bien : les traumatismes, l’incapacité et des situations où de jeunes enfants et des aîné.e.s doivent endurer des circonstances qu’ils ne peuvent gérer seuls », a-t-il affirmé.
Le député de Yellowknife Centre, Robert Hawkins, a dressé un constat similaire, qualifiant le transport médical d’obstacle plutôt que de solution. « Pour de nombreux résident.e.s des TNO, la promesse d’un accès équitable aux soins de santé est brisée », a-t-il soutenu. Il a dénoncé un enchevêtrement de règles et de communications déficientes, ajoutant que « les patient.e.s ne devraient pas avoir l’impression d’être géré.e.s par des robots ».
Pour de nombreux résidents des TNO, la promesse d’un accès équitable aux soins de santé est brisée.
Inquiétudes sur le système
Au-delà du transport médical, la députée de Yellowknife Nord, Shauna Morgan, a élargi le débat à la viabilité même du système de santé. Tout en reconnaissant des objectifs partagés, comme la continuité des soins et la sécurité culturelle, elle a critiqué l’absence de cibles mesurables et d’échéanciers. « Si nous n’avons fixé aucune cible, si nous n’avons pas déterminé comment mesurer les progrès et s’il n’y a aucun échéancier attaché à l’examen, alors ce n’est pas vraiment un examen », a-t-elle dit avant d’ajouter : « C’est simplement naviguer à vue. »
Mme Morgan a également mis en garde contre le roulement constant de personnel temporaire, estimant que les efforts en matière de sécurité culturelle risquent d’échouer sans une main-d’œuvre stable. « Essayons-nous de construire une belle maison sur des fondations de sable ? », a-t-elle interrogé.
Enfin, le député de Tu Nedhé-Wiilideh, Richard Edjericon, a rappelé que l’accès aux soins est aussi une question de droits issus des traités, jugeant que la confusion des compétences continue de nuire aux patient.e.s autochtones. « Nos droits se perdent dans un enchevêtrement croissant de politiques et de règlements », a-t-il affirmé.
