le Samedi 21 mars 2026
le Samedi 21 mars 2026 8:02 Politique

Des milliards de dollars pour la présence militaire dans le Nord

Le premier ministre Mark Carney échange avec des membres des Forces armées canadiennes lors de sa visite à Yellowknife. — Photo Cristiano Pereira
Le premier ministre Mark Carney échange avec des membres des Forces armées canadiennes lors de sa visite à Yellowknife.
Photo Cristiano Pereira

Le gouvernement fédéral prévoit investir 32 milliards de dollars pour renforcer les capacités militaires du Canada dans l’Arctique. Le plan comprend notamment la modernisation de bases à Yellowknife, Inuvik et Iqaluit.

Des milliards de dollars pour la présence militaire dans le Nord
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Au-delà des projets d’infrastructures civiles dévoilés à Yellowknife, le gouvernement fédéral entend aussi renforcer de manière significative la présence militaire canadienne dans l’Arctique. Lors de son discours, le premier ministre Mark Carney a présenté ces investissements comme un élément central de la stratégie canadienne dans le Nord.

Le plan comprend notamment 32 milliards de dollars destinés à moderniser et développer plusieurs installations militaires stratégiques dans le Nord.

Mark Carney salue des militaires après son annonce sur le renforcement de la présence canadienne dans l’Arctique.

Photo Cristiano Pereira

Des bases clés

Ces investissements concernent notamment les emplacements avancés d’opération à Yellowknife, Inuvik et Iqaluit, ainsi que la base de la 5e Escadre Goose Bay, au Labrador. 

Les travaux doivent permettre d’améliorer la capacité des Forces armées canadiennes à déployer rapidement des avions et du matériel dans l’ensemble de l’Arctique. « Ces emplacements sont au cœur de notre mission de défendre notre territoire », a affirmé Mark Carney.

Les installations devraient comprendre de nouvelles infrastructures logistiques, dont des hangars, des installations de stockage pour le carburant et les munitions, des logements pour le personnel militaire, ainsi que des entrepôts et des systèmes de communication.

Selon le premier ministre, ces investissements visent notamment à améliorer la capacité opérationnelle du Canada dans une région où les distances sont vastes et les conditions difficiles. « Elles permettront aux forces de déployer des aéronefs dans l’ensemble des zones reculées de l’Arctique », a-t-il expliqué.

Nouveau réseau logistique

Le gouvernement fédéral prévoit également la création d’un réseau de soutien opérationnel dans le Nord, évalué à 2,67 milliards de dollars. Ce réseau comprend deux centres de soutien majeurs à Whitehorse et à Resolute Bay, ainsi que deux nœuds logistiques à Cambridge Bay et à Rankin Inlet. Ces installations permettront notamment d’entreposer du matériel et d’accueillir du personnel militaire lors d’exercices ou d’opérations dans l’Arctique.

Le plan prévoit aussi 294 millions de dollars pour moderniser plusieurs aéroports nordiques, dont ceux d’Inuvik et de Rankin Inlet, afin d’améliorer les capacités de transport et de soutien logistique dans la région.

Mark Carney a rappelé que les Forces armées canadiennes mènent déjà des opérations régulières dans l’Arctique. « Aujourd’hui, les forces patrouillent dans l’Arctique 365 jours par année, notamment dans le cadre de l’opération Nanook », a-t-il indiqué.

 

Un enjeu de souveraineté

Pour le premier ministre, ces investissements répondent à l’importance stratégique croissante de l’Arctique dans un contexte géopolitique en évolution. « Ce sont des investissements pour défendre notre souveraineté et pour dissuader de nouvelles menaces », a-t-il affirmé.

Le chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité pour le Canada d’assumer pleinement la défense de cette région. « Nous ne compterons plus sur d’autres pour défendre la sécurité de notre Arctique », a-t-il déclaré.

Selon Mark Carney, ces investissements militaires pourraient également avoir des retombées pour les communautés nordiques, notamment en matière d’infrastructures et d’emplois. « Notre plan pour défendre, relier et développer le Nord renforcera l’autonomie stratégique du Canada », a-t-il conclu.