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le Lundi 5 janvier 2026 8:27 Portrait

Stretch : l’intention avant tout, d’un bout à l’autre du micro

L’artiste Stretch en noir et blanc pour l’annonce de son arrivée au Still Dark Festival 2026. — Courtoisie Stretch et Still Dark Festival
L’artiste Stretch en noir et blanc pour l’annonce de son arrivée au Still Dark Festival 2026.
Courtoisie Stretch et Still Dark Festival

Stretch, rapeur originaire de Scarborough à Toronto, a bâti sa carrière sur la patience et l’intentionnalité. Son nouvel album, A Man Like, explore l’introspection et la résilience. Il se produira très prochainement au festival Still Dark à Yellowknife.

Stretch : l’intention avant tout, d’un bout à l’autre du micro
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Invité au festival Still Dark à Yellowknife (5 au 8 février), Stretch s’apprête à découvrir le Nord pour la première fois. Curieux et ouvert, il souhaite avant tout connecter avec la scène locale. Et, si possible, apercevoir les aurores boréales nous a-t-il lancés. Une nouvelle expérience, fidèle à son parcours : attentive, sincère et intentionnelle.

Originaire de Scarborough, à Toronto, Stretch trace sa route dans le hip-hop canadien avec patience et rigueur. Actif depuis près d’une décennie, l’artiste dit avoir été « silencieusement actif » depuis 2014, une manière de prendre le temps de se bâtir une identité solide avant de multiplier les sorties. Aujourd’hui, avec deux projets à son actif – The Ballpark Tape et Neighborhood Prayer – et un troisième à venir, Stretch s’impose comme un artiste profondément attaché à la notion d’intentionnalité.

Souvent décrit comme un « MC’s MC », un titre réservé aux rapeurs respectés pour leur maitrise du kraft, Stretch y voit avant tout une reconnaissance du travail accompli. « Pour moi, ça représente le niveau de soin et de rigueur mis dans la musique », explique-t-il. Ce respect, il l’a gagné au fil des années, notamment grâce à l’estime d’autres artistes torontois qui ont vu son évolution de près.

D’où a-t-il commencé ?

Ses débuts remontent à la 12e année, lorsqu’il écrivait ses premiers textes sur des rythmes de J Dilla, téléchargés sur son ordinateur portable. Ce qui l’attirait chez le légendaire producteur n’était pas la technique, mais l’émotion. « C’était très instinctif, se rappelle-t-il. Les beats faisaient ressortir des pensées, des sentiments, sans trop réfléchir. » Une approche qui marquera durablement son écriture.

Les open mics et cyphers de Toronto ont également joué un rôle central dans sa formation. « Chaque performance était une sorte de test, se souvient-il. Tu pouvais solidifier ta réputation ou lui nuire. » Pour Stretch, cette étape demeure essentielle, même si plusieurs artistes tentent aujourd’hui de la contourner.

Album à venir

En 2017, The Ballpark Tape voit le jour, un projet créé de manière organique au studio communautaire The Spot, à Malvern. En collaboration avec l’ingénieur Nate Smith, Stretch y découvre un environnement de création sans ego. « Son objectif était simplement de donner vie à ma vision. Ça a tout changé. » Le succès inattendu du premier single, Could You Be?, confirme que l’authenticité peut encore trouver écho, même sans suivre les règles des algorithmes.

Son prochain album, A Man Like, s’annonce comme le plus introspectif à ce jour. Stretch y explore les zones sombres de l’existence – relations, échecs, traumatismes – avec lucidité et résilience. « Ce n’est pas un projet pour se plaindre, mais pour avancer », dit-il. Il espère que le public prendra le temps de l’écouter dans son entièreté, comme une œuvre complète.