Invité au festival Still Dark à Yellowknife (5 au 8 février), Stretch s’apprête à découvrir le Nord pour la première fois. Curieux et ouvert, il souhaite avant tout connecter avec la scène locale. Et, si possible, apercevoir les aurores boréales nous a-t-il lancés. Une nouvelle expérience, fidèle à son parcours : attentive, sincère et intentionnelle.
Originaire de Scarborough, à Toronto, Stretch trace sa route dans le hip-hop canadien avec patience et rigueur. Actif depuis près d’une décennie, l’artiste dit avoir été « silencieusement actif » depuis 2014, une manière de prendre le temps de se bâtir une identité solide avant de multiplier les sorties. Aujourd’hui, avec deux projets à son actif – The Ballpark Tape et Neighborhood Prayer – et un troisième à venir, Stretch s’impose comme un artiste profondément attaché à la notion d’intentionnalité.
Souvent décrit comme un « MC’s MC », un titre réservé aux rapeurs respectés pour leur maitrise du kraft, Stretch y voit avant tout une reconnaissance du travail accompli. « Pour moi, ça représente le niveau de soin et de rigueur mis dans la musique », explique-t-il. Ce respect, il l’a gagné au fil des années, notamment grâce à l’estime d’autres artistes torontois qui ont vu son évolution de près.
D’où a-t-il commencé ?
Ses débuts remontent à la 12e année, lorsqu’il écrivait ses premiers textes sur des rythmes de J Dilla, téléchargés sur son ordinateur portable. Ce qui l’attirait chez le légendaire producteur n’était pas la technique, mais l’émotion. « C’était très instinctif, se rappelle-t-il. Les beats faisaient ressortir des pensées, des sentiments, sans trop réfléchir. » Une approche qui marquera durablement son écriture.
Les open mics et cyphers de Toronto ont également joué un rôle central dans sa formation. « Chaque performance était une sorte de test, se souvient-il. Tu pouvais solidifier ta réputation ou lui nuire. » Pour Stretch, cette étape demeure essentielle, même si plusieurs artistes tentent aujourd’hui de la contourner.
Album à venir
En 2017, The Ballpark Tape voit le jour, un projet créé de manière organique au studio communautaire The Spot, à Malvern. En collaboration avec l’ingénieur Nate Smith, Stretch y découvre un environnement de création sans ego. « Son objectif était simplement de donner vie à ma vision. Ça a tout changé. » Le succès inattendu du premier single, Could You Be?, confirme que l’authenticité peut encore trouver écho, même sans suivre les règles des algorithmes.
Son prochain album, A Man Like, s’annonce comme le plus introspectif à ce jour. Stretch y explore les zones sombres de l’existence – relations, échecs, traumatismes – avec lucidité et résilience. « Ce n’est pas un projet pour se plaindre, mais pour avancer », dit-il. Il espère que le public prendra le temps de l’écouter dans son entièreté, comme une œuvre complète.
