le Samedi 28 février 2026
le Samedi 28 février 2026 8:10 Santé

Soins primaires à Yellowknife : la ministre évoque des progrès

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Lesa Semmler, détaille à l’Assemblée législative les mesures mises en place pour améliorer l’accès aux soins primaires à Yellowknife.  — Photo Cristiano Pereira
La ministre de la Santé et des Services sociaux, Lesa Semmler, détaille à l’Assemblée législative les mesures mises en place pour améliorer l’accès aux soins primaires à Yellowknife.
Photo Cristiano Pereira

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Lesa Semmler, affirme que l’accès aux soins primaires s’améliore, tout en reconnaissant que plusieurs résident.e.s éprouvent encore des difficultés à obtenir des rendez-vous en temps opportun.

Soins primaires à Yellowknife : la ministre évoque des progrès
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Dans une déclaration ministérielle prononcée à l’Assemblée législative le lundi 16 février, Lesa Semmler a rappelé que les soins primaires constituent « le premier point de contact pour la plupart des résident.e.s dans notre système de santé » et qu’ils orientent l’ensemble du parcours de soins afin que les patient.e.s reçoivent « les bons soins, au bon moment, par le bon professionnel ».

Des difficultés admises

Se présentant comme une ministre autochtone issue du milieu de la santé, elle a dit comprendre à la fois « les frustrations des résident.e.s » et les défis auxquels le système est confronté. L’amélioration de l’accès, la réduction des inégalités et le renforcement du fonctionnement du système demeurent, selon elle, des priorités du gouvernement.

La ministre a reconnu que l’accès aux rendez-vous, particulièrement à Yellowknife, demeure une source de mécontentement. « Ces frustrations sont réelles et compréhensibles », a-t-elle déclaré, avant de présenter plusieurs mesures mises en place dans un contexte de capacité limitée.

Des résultats chiffrés

Mme Semmler a notamment souligné les progrès réalisés dans la réduction des rendez-vous manqués à la clinique de soins primaires de Yellowknife. Grâce à l’introduction d’appels de rappel et à une meilleure communication sur l’importance d’annuler les rendez-vous, le taux de non-présentation a diminué de façon constante au cours des trois dernières années. En décembre, il a atteint un creux historique de 5 %, un résultat qui dépasse les références nationales. « Cela signifie que davantage de patient.e.s sont vu.e.s et que moins d’heures cliniques sont perdues », a-t-elle indiqué.

L’accès aux rendez-vous le jour même s’est également amélioré, selon la ministre. Alors que seulement 70 % des demandes étaient comblées plus tôt dans l’exercice financier, ce taux est passé à 82 % au troisième trimestre. Mme Semmler a attribué cette progression à des ajustements organisationnels, notamment l’utilisation de listes d’attente et une meilleure répartition du travail entre infirmières auxiliaires autorisées, infirmières communautaires et infirmières praticiennes, afin de pallier la disponibilité limitée des médecins.

Ces frustrations sont réelles et compréhensibles.

— Lesa Semmler, ministre de la Santé et des Services sociaux

Un essai technologique

La ministre a aussi mentionné l’essai de nouveaux outils visant à réduire la charge administrative du personnel soignant. Parmi eux figure l’outil Mika AI Scribe, actuellement testé dans plusieurs sites de soins primaires du territoire. Ce logiciel de reconnaissance vocale « crée des notes cliniques précises », permettant aux personnes professionnelles de consacrer plus de temps aux patient.e.s et moins à la paperasse. Elle a précisé que les résident.e.s pourraient être appelé.e.s à donner leur consentement à l’utilisation de cet outil lors de futurs rendez-vous à Yellowknife.

Une réforme de fond

Enfin, Mme Semmler a insisté sur les efforts en cours pour renforcer les soins en équipe. Des structures de gouvernance intégrant une représentation autochtone et multidisciplinaire ont été mises en place, et des groupes de travail révisent les parcours de soins et les processus opérationnels. « Ce ne sont peut-être pas des changements qui font les manchettes, a-t-elle reconnu. Cependant, ils sont essentiels pour bâtir une base solide en vue d’une réforme durable des soins primaires. »

La sécurité des aîné.e.s dans le viseur

Les enjeux d’accès aux soins de santé dans les petites collectivités ont également été soulevés à l’Assemblée législative plus tôt dans la semaine, alors que la députée du Dehcho, Sheryl Yakeleya, a pressé le gouvernement de combler les lacunes en matière de soutien aux aîné.e.s en dehors des heures normales.

Dans une déclaration de députée prononcée le 12 février, Mme Yakeleya a décrit la situation comme « un besoin urgent et croissant » dans les collectivités ne disposant pas de services ambulanciers. Elle a rappelé que plusieurs aîné.e.s souhaitent vieillir dans leur communauté d’origine, un choix qui relève, selon elle, « de la dignité, de la culture et du lien au territoire ».

La députée a souligné que, dans certaines collectivités, les infirmières ne sont pas autorisées à quitter les centres de santé et qu’en l’absence de services d’urgence, des aîné.e.s peuvent se retrouver sans soutien en soirée ou la nuit. « C’est une lacune que nous pouvons et devons combler », a-t-elle affirmé.

Mme Yakeleya a proposé d’élargir le rôle des travailleuses et travailleurs en soins à domicile afin qu’ils puissent offrir un soutien limité en dehors des heures normales, dans un cadre clair et encadré. Ces personnes, a-t-elle fait valoir, « ont déjà la confiance de la communauté », connaissent les aîné.e.s et comprennent les réalités locales. « Il ne s’agit pas de remplacer les services d’urgence, a-t-elle précisé. Mais de s’assurer qu’aucun aîné ne soit laissé seul sans aide simplement parce qu’il vit dans une petite collectivité. »

En réponse, la ministre Lesa Semmler a indiqué que des programmes de soins à domicile existent dans l’ensemble des collectivités et que les décisions concernant l’ajout d’heures en soirée ou la fin de semaine reposent sur des évaluations des besoins. « S’il y a un besoin important d’ajouter du personnel et des heures en soirée ou la fin de semaine, ces évaluations sont déjà effectuées », a-t-elle dit, tout en reconnaissant que toutes les collectivités n’ont pas la capacité d’offrir une couverture étendue.