Le gouvernement prévoit poursuivre des travaux d’entretien et de réhabilitation sur plusieurs axes routiers.
En 2026, les Territoires du Nord-Ouest ne connaitront pas une série d’inaugurations spectaculaires. L’année à venir s’annonce plutôt comme une période de travaux visibles, de chantiers routiers et de renforcement d’infrastructures existantes. Le tout dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires, climatiques et logistiques propres au Nord. « Une grande partie de nos projets en 2026 concerne surtout l’entretien général et l’amélioration des infrastructures que nous avons déjà », explique à Médias ténois le ministre de l’Infrastructure, Vince McKay.
Pour l’année à venir, le ministère mise principalement sur la réhabilitation des routes, l’amélioration du drainage, le remplacement de ponceaux et des travaux de revêtement. « Probablement, les projets les plus importants en 2026 seront justement ces améliorations davantage de revêtements routiers, le remplacement de ponceaux et la réparation de sections affaissées ou endommagées de la chaussée », précise-t-il.
Autrement dit, en 2026, vous verrez essentiellement des équipes à l’œuvre sur le réseau routier existant, plutôt que l’ouverture de nouvelles infrastructures majeures. Ces travaux, moins visibles politiquement, sont néanmoins essentiels pour maintenir la sécurité et la fiabilité des routes dans un territoire vaste, exposé à des conditions climatiques extrêmes.
Un réseau routier à entretenir
Dans plusieurs régions, les interventions prévues pour 2026 visent à corriger des problèmes bien connus des usagers : affaissements, drainage inadéquat, détérioration accélérée des chaussées. Le directeur des transports au ministère de l’Infrastructure, Binay Yadav, explique à Médias ténois que ces travaux doivent être planifiés avec une grande précision, compte tenu de la courte saison de construction. « Nous avons une fenêtre de construction très courte, en particulier deux à trois mois, entre juin et aout », souligne-t-il.
Cette réalité oblige le ministère à lancer les appels d’offres et à conclure les contrats plusieurs mois à l’avance, souvent dès le printemps. « Nous devons nous assurer que les contrats sont signés dès mars ou avril, afin que les entrepreneurs sachent clairement ce qu’ils auront à faire », ajoute M. Yadav. La préparation en amont est donc déterminante pour éviter les retards une fois l’été arrivé.
9 projets portés par le GTNO en 2026
Projets susceptibles d’être livrés ou visibles
- Aéroport d’Inuvik : remplacement de l’aérogare et prolongement de la piste (travaux en cours, échéancier 2026–2027)
- Centre de bienêtre et de rétablissement, à Yellowknife
- Centre territorial de gestion des feux de forêt, à Fort Smith
- Centre de santé et de services sociaux de Tulita
- Travaux de réhabilitation routière, de drainage, de remplacement de ponceaux et de revêtements sur plusieurs tronçons des routes territoriales, notamment les autoroutes 1, 3 et 4
Projets en planification ou à long terme
- Pont de Frank Channel (ouverture prévue en 2027)
- Route de la vallée du Mackenzie (études et évaluations environnementales)
- Expansion hydroélectrique de Taltson (études)
- Lignes de transport d’électricité de Whatì et de Fort Providence (phases préparatoires)
Dans un territoire vaste comme les TNO, l’entretien des infrastructures demeure une priorité constante pour assurer la mobilité des résidents.
Le pont Frank Channel : un chantier pluriannuel
Parmi les projets les plus visibles actuellement, le pont de Frank Channel, pas loin de Bechoko, attire déjà l’attention. Les travaux préparatoires sont en cours, et la présence de machinerie sur le site donne l’impression d’un chantier bien engagé. « On peut déjà voir beaucoup d’activité et de travaux sur le site », observe Vince McKay, rappelant que le projet est bel et bien lancé.
Toutefois, le nouveau pont ne sera pas inauguré en 2026. Selon Binay Yadav, la construction devrait être complétée à l’automne 2027, moment où le nouveau pont sera ouvert à la circulation. La démolition de l’ancien pont et la finalisation complète du projet s’échelonneront jusqu’à l’automne 2028. Le Frank Channel Bridge illustre bien la nature pluriannuelle des grands projets d’infrastructure dans le Nord : visibles rapidement, mais longs à livrer.
Des limites bien réelles
Interrogé sur l’écart entre les attentes du public et la réalité des chantiers, Vince McKay insiste sur une contrainte centrale : le financement. « L’argent est toujours un enjeu », affirme-t-il. Des projets majeurs comme le Frank Channel Bridge mobilisent une part importante des ressources financières et humaines du ministère. « Ce projet mobilise énormément de fonds, de temps et d’énergie au sein du ministère », explique-t-il.
Dans ce contexte, le gouvernement doit faire des choix. « Nous n’avons pas toujours les moyens de réaliser tous les grands projets ambitieux que nous aimerions voir avancer, mais nous essayons vraiment d’améliorer et de renforcer le réseau que nous avons déjà », poursuit le ministre. L’entretien et l’exploitation des infrastructures existantes demeurent une priorité, notamment sur des axes récents comme la route Inuvik–Tuktoyaktuk, qui nécessite encore d’importants travaux de maintenance.
À Yellowknife, quels projets municipaux pour 2026 ?
Travaux et améliorations attendus
- Remplacement du terrain de jeux du parc de Latham Island
- Aménagement du parc de Hagel Crescent, dans le secteur de Niven Lake
- Programme de pavage, incluant notamment Gitzel Street, Matonabee Street Alley et le stationnement de Somba K’e
- Modernisation de feux de circulation et de passages piétons signalés
- Resurfaçage des terrains de tennis de McNiven et de Somba K’e
Projets à long terme ou en planification
- Remplacement de la station de pompage nº 1 (chantier majeur, achèvement après 2026)
- Projet de reconversion de la piscine Ruth Inch (phase de planification et de consultation)
- Mise en œuvre du plan de transport de la Ville
- Études et travaux liés au site d’enfouissement et à la gestion des déchets
Climat, pergélisol et patience
Au-delà des enjeux financiers, les conditions environnementales compliquent la planification et l’exécution des travaux. Vince McKay évoque les effets combinés du changement climatique, du dégel du pergélisol et des épisodes de sècheresse. « Nous faisons face au dégel du pergélisol, à des conditions de sècheresse et à un manque d’eau », énumère-t-il, soulignant les difficultés d’approvisionnement en matériaux, notamment vers les communautés du Sahtu et de l’Arctique.
Le ministre invite ainsi les résidents à faire preuve de compréhension. « J’apprécie énormément la patience dont les résidents peuvent faire preuve », dit-il, rappelant que les équipes du ministère travaillent dans un contexte exigeant. « Nous avons des employés solides et dévoués qui font de leur mieux, tout en devant composer avec de nombreux défis liés aux changements climatiques. »
Planifier pour l’avenir
L’accent est également mis sur la recherche et l’adaptation. Binay Yadav indique que le ministère collabore avec des universités et des organismes spécialisés, comme l’Association des transports du Canada, afin de mieux intégrer les effets du climat dans la conception des projets. « Nous sommes aussi engagés dans des activités de recherche et développement afin d’apprendre et d’appliquer ces connaissances dans les projets à venir », explique-t-il.
Cette approche, il explique, vise à rendre les infrastructures plus résilientes à long terme, même si elle rallonge parfois les phases de planification.
Côté municipal
Du côté de la Ville de Yellowknife, les documents budgétaires pour 2026 dressent un portrait similaire. L’année sera marquée par des travaux d’entretien et de mise à niveau : pavage de rues, réparations liées aux réseaux d’eau et d’égouts, modernisation de feux de circulation, remplacement de terrains de jeux et mesures de mitigation contre les feux de forêt.
Le projet le plus important demeure le remplacement de la station de pompage no 1, un chantier majeur dont l’achèvement est prévu après 2026. Là encore, la priorité est donnée à la fiabilité des systèmes existants plutôt qu’à l’ouverture de nouvelles installations emblématiques.
