le Dimanche 1 février 2026
le Vendredi 23 janvier 2026 8:09 Société

CKHR-FM s’éteint définitivement

Le régulateur fédéral a officiellement révoqué la licence de CKHR, la radio communautaire de Hay River, après des années de déclin suivant un incendie qui avait gravement endommagé ses installations.  — iStock
Le régulateur fédéral a officiellement révoqué la licence de CKHR, la radio communautaire de Hay River, après des années de déclin suivant un incendie qui avait gravement endommagé ses installations.
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Le 8 janvier 2026, la licence de la radio communautaire CKHR de Hay River a été révoquée. Pour son ancienne responsable, cette fin tient autant aux contraintes techniques qu’au manque d’engagement bénévole.

CKHR-FM s’éteint définitivement
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CKHR, une institution locale qui reliait autrefois les voisins, formait de jeunes journalistes et diffusait des informations essentielles dans le Slave sud, a disparu.

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La licence de la station de radio communautaire CKHR de Hay River a été officiellement révoquée le 8 janvier par le CRTC (Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes). Avec cette décision règlementaire, une institution locale qui reliait autrefois les voisins, formait de jeunes journalistes et diffusait des informations essentielles dans le Slave sud a disparu, laissant un vide sur les ondes et dans la communauté.

Dian Papineau-Magill, qui a longtemps dirigé la Hay River Broadcasting Society aux côtés de son mari Peter, a expliqué à Médias ténois que la fin de CKHR est le résultat d’obstacles devenus insurmontables.

Obstacles techniques et humains

Le premier problème majeur concernait les infrastructures. Après l’incendie qui a chassé la station de son studio dans un immeuble de grande hauteur au centre-ville, il s’est avéré extrêmement difficile de trouver un nouvel emplacement. « Le premier obstacle a été de trouver un nouvel emplacement pour ériger une tour de diffusion », a-t-elle indiqué, rappelant que la proximité de Hay River avec l’aéroport obligeait la station à installer l’antenne à l’extérieur du noyau urbain, sans bâtiment suffisamment haut pour la soutenir.

Mais pour elle, l’obstacle le plus déterminant a été humain. « Le principal obstacle est que trois des personnes clés impliquées dans la station de radio sont toutes décédées au cours des trois dernières années », a-t-elle confié, soulignant combien ces pertes ont fragilisé une équipe déjà très réduite.

En 2020, au moment du déménagement forcé, les dirigeants avaient envisagé de repenser le rôle de CKHR et de passer entièrement en ligne. Mme Papineau-Magill rappelle qu’ils planifiaient d’aller « complètement en ligne », à l’image de Cabin radio. Toutefois, cette vision s’est heurtée aux obligations liées à la licence du CRTC, qui exigeait une présence sur les ondes FM.

Si les gens veulent des choses dans leur communauté, ils doivent être prêts à s’engager et à donner de leur temps.

— Dian Papineau-Magill, responsable de la radio communautaire CKHR

Une perte pour la communauté

Selon Mme Papineau-Magill, la disparition de CKHR représente une « énorme perte » pour Hay River. La communauté n’a plus de canal local dédié aux urgences ni le célèbre « radio bingo » qui finançait de nombreuses activités locales. La station était aussi un lieu d’apprentissage pour des jeunes intéressés par le journalisme et la radiodiffusion. « Notre petite station de radio a vu passer plusieurs personnes qui travaillent aujourd’hui pour des médias comme CBC ou des radios locales dans leur propre ville », a-t-elle rappelé.

Tristesse et désengagement

Après cette annonce, les réactions ont majoritairement été empreintes de tristesse. « Les gens sont tristes que la station de radio ait disparu. Certains sont un peu en colère », a confié Mme Papineau-Magill. Mais cette frustration contraste avec une réalité plus dure : à la fin, très peu de personnes se sont manifestées pour reprendre le flambeau. « On ne peut pas gérer une station de radio avec seulement deux personnes, a-t-elle insisté. Nous n’arrivions même plus à recruter des gens pour siéger au conseil d’administration vers la fin », précisant qu’il était même devenu difficile de recruter des membres pour le conseil d’administration, bien que l’engagement demandé était d’environ une heure par mois. Selon l’ancienne responsable, le désengagement progressif et l’attrait des réseaux sociaux ont contribué à l’érosion du soutien collectif.

La leçon de cette histoire est claire pour elle : une institution communautaire ne peut survivre sans l’implication concrète de la communauté. « Si les gens veulent des choses dans leur communauté, ils doivent être prêts à s’engager et à donner de leur temps. Il ne s’agit pas seulement de mettre de l’argent parfois. Il s’agit de main-d’œuvre. Il s’agit d’un peu de dévouement. »