le Samedi 28 février 2026
le Vendredi 27 février 2026 17:09 Société

Écrire en toute inclusion, un geste politique

Lionel Lehouillier, artiste franco-ontarien et facilitateur en diversité de genre. — Photo Nancy Mcl
Lionel Lehouillier, artiste franco-ontarien et facilitateur en diversité de genre.
Photo Nancy Mcl

En tournée dans les trois territoires, Lionel Lehouillier sera à Yellowknife ce 28 février pour offrir un atelier d’écriture inclusive. Artiste et facilitateur en diversité de genre, iel mêle théâtre et activisme pour rendre le français plus inclusif et audible. Pour lui, adapter la langue est un geste politique visant à ouvrir la francophonie à toutes et tous, sans peur ni perfection.

Écrire en toute inclusion, un geste politique
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Artiste de la région d’Ottawa-Gatineau, Lionel Lehouillier est comédien, auteur et metteur en scène, mais aussi facilitateur et consultant en diversité de genre et inclusion. En tournée dans les trois territoires, iel fera escale à Yellowknife pour offrir un atelier d’écriture inclusive à l’invitation de l’AFCY et de la FFT. « J’ai toujours voulu visiter Yellowknife. Quand on m’a proposé d’enchainer les trois territoires, c’était une occasion parfaite », confie-t-iel, impatient de rencontrer les artistes locaux. L’accompagnement et le coaching d’artistes professionnel.le.s font partie de ce qui l’anime le plus dans cette tournée : « J’ai hâte de voir leur pratique, ce qui bouillonne ici. »

Québécois d’origine installé en Ontario depuis 17 ans, Lionel porte un regard attentif sur la francophonie en contexte minoritaire. Iel les décrit comme des communautés « queer » au sens large : des milieux en marge, qui doivent constamment affirmer leur place. « Aller à la rencontre de ces communautés, voir comment elles défendent et mettent de l’avant leur francophonie, ça m’intéresse énormément. » Iel reconnait toutefois que les défis sont souvent plus grands dans le Nord, où les ressources sont plus limitées.

Imaginer une inclusion audible

Son atelier d’écriture inclusive est né pendant la pandémie, alors que les arts vivants étaient à l’arrêt. En travaillant sur un spectacle rédigé en français inclusif, l’artiste développe une expertise particulière : comment rendre l’inclusif non seulement lisible, mais audible. « Un point médian, c’est simple à l’écrit. Mais quand il faut le dire à voix haute, c’est autre chose. » 

Pour lui, l’écriture inclusive dépasse la grammaire. Elle est identitaire et politique. « Parler français au Canada, c’est déjà politique. Adapter la langue, ce n’est pas l’appauvrir ; c’est l’ouvrir à tout le monde. » Si les réactions varient entre curiosité, enthousiasme et parfois crainte, iel souhaite avant tout que les participant.e.s repartent avec moins de peur : « Le but, ce n’est pas d’être parfait. C’est d’essayer. De voir ça comme un espace de liberté. »

Malgré un contexte qu’iel juge difficile pour les réalités trans et non-binaires, Lionel persiste. À la frontière du théâtre et de l’activisme, sa mission tient en une phrase simple : le théâtre, c’est pour tout le monde.