Les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut comptent parmi la vingtaine d’États fédérés et de régions qui ont signé, le 6 décembre, une déclaration sur la lutte aux changements climatiques.
La signature de cette déclaration était le point culminant du « Sommet des leaders », une rencontre parallèle à la Conférence de Montréal sur les changements climatiques qui était organisée par les gouvernements du Québec et du Manitoba.
Dans la déclaration, les signataires reconnaissent l’importance de prendre des moyens concrets pour lutter contre les changements climatiques et pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). On y privilégie l’adoption de « nouvelles initiatives qui favorisent une économie durable ». Les signataires enjoignent également l’ensemble des gouvernements, des entreprises et des citoyens du monde entier à mettre l’épaule à la roue pour réduire les émissions de gaz.
Contrairement aux ententes de Kyoto et de Marrakech qui comprennent des cibles concrètes de réduction de gaz à effet de serre, la déclaration des États fédérés ne fait qu’énoncer des principes.
Selon le gouvernement du Québec qui en était l’hôte, l’objectif premier du Sommet des leaders est de ramener au niveau des gouvernements régionaux et locaux l’engagement dans la lutte contre les changements climatiques, étant donné que ce sont ces gouvernements qui seront appelés à prendre les mesures pour respecter les ententes exécutoires signées par les gouvernements centraux.
En outre, la déclaration indique que « il y a un besoin urgent de négocier une stratégie pour se préparer à l’après 2012 », l’année où les cibles de Kyoto devront être atteintes.
En plus des premiers ministres des TNO, du Nunavut, du Québec et du Manitoba, des représentants de certains états américains et des dirigeants européens, australiens et africains ont également signé la déclaration.
Performance
Malgré ces bonnes paroles, le bilan actuel des TNO en matière de réduction des émissions GES n’est pas reluisant.
Dans une étude publiée en mai dernier par le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles, on indique que, de 1996 à 2001, les TNO ont augmenté de 60 % leurs émissions annuelles de gaz.
Selon cette même étude, les principaux producteurs de GES des Territoires sont les mines et l’industrie pétrolière et gazière. Ensemble, elles comptent pour 34 % de toutes nos émissions de GES. Ces deux secteurs économiques sont en croissance, aux TNO.
En outre, les Ténois produisent, à peu près, deux fois plus de tonnes de GES par habitant que la moyenne nationale.
Notons aussi, que, à l’instar du Québec et de l’Alberta mais contrairement au Yukon, le gouvernement des TNO n’a pas encore conclu d’entente avec le fédéral sur l’atteinte des engagements de Kyoto.
Il est cependant important de mentionner que, tous comptes faits, les émissions de GES des TNO ne représentent guère plus de 0,3 % du total des émissions canadiennes.
L’Arctique
Par ailleurs, mercredi dernier, Paul Martin a retiré son chapeau de chef du Parti libéral et a remis celui de premier ministre, le temps d’une courte incursion à la Conférence de Montréal. Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, il a mentionné l’Arctique qui subit les pires conséquences du réchauffement planétaire.
« Ici, au Canada, a déclaré Paul Martin, le Grand Nord est devenu un incubateur dans lequel se dessine le monde de demain. Loin [ou près, NDLR] dans l’Arctique, dans les zones intérieures et sur nos côtes, le pays que nous avons connu se transforme. Les hivers sont plus doux, les étés plus chauds et plus difficiles, des plantes poussent dans des endroits où il n’y en avait pas; on voit de l’eau où il y avait de la glace. »
Le premier ministre a également évoqué les problèmes que cause la fonte du pergélisol qui accentue davantage le réchauffement en libérant du méthane dans l’air, de même que les défis que pose l’ouverture du Passage du Nord-Ouest à la navigation.
