le Vendredi 27 mars 2026
le Jeudi 26 mars 2026 16:41 Francophonie

Avec Nordicité, raconter le Nord sans chercher à le définir

La salle du Collège nordique, à Yellowknife, a accueilli le 19 mars le lancement du recueil Nordicité, marqué par des lectures et des échanges autour des réalités du Nord.  — Photo Cristiano Pereira
La salle du Collège nordique, à Yellowknife, a accueilli le 19 mars le lancement du recueil Nordicité, marqué par des lectures et des échanges autour des réalités du Nord.
Photo Cristiano Pereira

Lancé le 19 mars au Collège nordique, le recueil Nordicité réunit des voix francophones autour d’une expérience du territoire multiple, difficile à résumer en une seule définition.

Photo Cristiano Pereira

Le recueil Nordicité a été lancé le jeudi 19 mars au Collège nordique, à Yellowknife. La soirée a donné la parole à plusieurs personnes autrices, venues échanger avec le public. 

Le projet rassemble douze parcours et des récits différents, parfois contrastés, qui traduisent une diversité d’expériences vécues dans le Nord. « Il y a autant de visions et de quêtes nordiques qu’il y a de gens qui évoluent dans le Nord », rappelle Angélique Ruzindana Umunyana, en reprenant les mots de Mademoiselle Mymy de l’avant-propos.

Le recueil n’impose pas de cadre et laisse coexister ces différentes perspectives. Pour Angélique Ruzindana Umunyana, la nordicité se vit d’abord de manière intime. Elle évoque une francophonie façonnée par les parcours individuels, les rencontres et les choix de vie. Une communauté « accueillante et rassembleuse qui n’a pas peur de foncer », où les liens humains occupent une place centrale.

Les textes font aussi ressortir un rapport au territoire qui dépasse le simple cadre géographique. Plusieurs témoignages évoquent une relation à la nature, mais aussi une volonté de « se conscientiser à la réalité des Autochtones » et de mieux comprendre les cultures présentes sur le territoire.

Une réflexion assumée

Ce refus de définir la nordicité est aussi un choix institutionnel. Le directeur général du Collège nordique, Patrick Arsenault, parle d’une décision « délibérée ». L’objectif n’est pas de figer le concept, mais de se positionner par rapport à celui-ci. « Nous croyons qu’il s’agit d’une idée en mouvance », explique-t-il à Médias ténois, en soulignant que cette réflexion est appelée à évoluer.

Le recueil s’inscrit ainsi dans une démarche plus large. Au Collège, il sera utilisé comme ressource pédagogique, notamment dans les cours de français. Il pourrait aussi être partagé avec d’autres établissements intéressés par les réalités nordiques.

Pour M. Arsenault, l’intérêt du projet dépasse l’apprentissage linguistique. Il permet de « mieux connaitre et comprendre le contexte dans lequel nous évoluons », autant pour l’institution que pour les personnes étudiantes, et d’ajuster les programmes en conséquence.

Identité en construction

Au fil des textes apparait une francophonie nordique en transformation. C’est une identité qui se construit dans l’expérience quotidienne, au contact du territoire et des autres. Le quotidien s’organise en fonction du territoire, du climat et de l’environnement, qui influencent directement les modes de vie. Les récits parlent aussi de relations humaines, d’inclusion et de diversité. Une communauté « ouverte d’esprit, solidaire et inclusive », comme le décrit Angélique Ruzindana Umunyana, où différentes trajectoires se croisent.

Le Collège ne cherche pas à arrêter une définition. Comme le souligne Patrick Arsenault, « sans prétendre définir cette identité, nous voyons cette démarche comme une contribution humble à une réflexion collective plus large ».