le Vendredi 17 avril 2026
le Vendredi 17 avril 2026 7:01 Francophonie

Inuvik met fin à son programme d’immersion française au primaire

Coup dur pour la francophonie à Inuvik où l'unique programme d'immersion sera arrêté à partir de la prochaine rentrée scolaire. — Photo iStock/Photoboyko
Coup dur pour la francophonie à Inuvik où l'unique programme d'immersion sera arrêté à partir de la prochaine rentrée scolaire.
Photo iStock/Photoboyko

Pour la FFT, il s’agit d’un « recul majeur » pour le français aux TNO. La ministre Caitlin Cleveland dit entendre les inquiétudes, mais le conseil scolaire responsable des écoles d’Inuvik reste pour l’heure muet face à notre demande d’entretien.

Inuvik met fin à son programme d’immersion française au primaire
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La fin annoncée du programme d’immersion française à l’école primaire East Three, à Inuvik alimente les inquiétudes dans la communauté francophone. Plus qu’un simple réaménagement scolaire, la décision est perçue comme un recul concret de l’accès au français dans une région où les options demeurent déjà limitées.

L’immersion démantelée

Le changement doit entrer en vigueur à la rentrée 2026-2027. L’immersion française actuelle sera remplacée par une formule plus légère : les élèves pourront suivre chaque jour un bloc de 90 minutes en français, comprenant notamment le français et les sciences humaines, avant de rejoindre ensuite les classes correspondant à leur niveau pour le reste de la journée en anglais. Autrement dit, des matières qui étaient jusqu’ici enseignées en français, comme les mathématiques ou les sciences, ne le seront plus. 

Le conseil scolaire justifie ce virage par une baisse des effectifs, une diminution des inscriptions en immersion ainsi que des contraintes plus larges liées aux ressources disponibles. Selon les informations déjà communiquées publiquement, 23 élèves sont actuellement inscrits au programme, qui repose sur deux enseignantes. Le Conseil éducatif du Beaufort-Delta soutient aussi que des changements dans certains mécanismes de financement fédéraux ont réduit sa marge de manœuvre pour maintenir ce type de programmation.

Le programme d’immersion sera remplacé à la rentrée 2026-2027 par un bloc quotidien de 90 minutes en français, tandis que le reste de la journée se déroulera désormais en anglais.

Photo iStock

La FFT sonne l’alarme

Mais pour la Fédération franco-ténoise, l’enjeu dépasse largement une question de chiffres. Dans un communiqué diffusé le 10 avril, l’organisme parle d’un « recul majeur pour le français » aux Territoires du Nord-Ouest. La FFT rappelle que, dans une collectivité comme Inuvik, où il n’existe pas d’école francophone de langue première, l’immersion représente « le seul accès à un apprentissage substantiel du français » pour plusieurs enfants.

L’organisme soutient aussi que ces programmes jouent « un rôle essentiel à la vitalité du fait français » et peuvent contribuer, à long terme, à une plus grande présence du français dans les services, la vie communautaire et le marché du travail. La Fédération établit en outre un lien avec le développement annoncé de la région. Réduire l’accès à l’éducation en français à ce moment-ci, estime-t-elle, risque de compliquer « l’attraction et la rétention des francophones et des francophiles ».

Le GTNO garde ses distances

Interrogée par Médias ténois, la ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, Caitlin Cleveland, dit comprendre « à quel point cette nouvelle peut être bouleversante » pour les familles et la communauté francophone. Elle souligne toutefois que « les décisions opérationnelles » sur les programmes offerts dans une école relèvent des autorités scolaires locales, et non du gouvernement territorial.

La ministre affirme néanmoins que les commentaires des parents et des organismes communautaires restent importants pour mieux saisir les effets locaux d’une telle décision. Elle ajoute que le gouvernement veut continuer à « soutenir l’apprentissage du français » lorsque cela est possible, notamment dans les petites collectivités et les régions éloignées, où les pressions liées aux effectifs et au personnel peuvent être plus marquées.

Le conseil scolaire, lui, n’a pas répondu aux questions de Médias ténois avant publication. Des demandes de commentaire ont été envoyées à Krista Cudmore, directrice générale par intérim, puis à Devin Roberts, surintendant, et relancées à plusieurs reprises, sans réponse.