Parmi les artistes nommés au Prix Sobey, cinq sont issus de l’Arctique pour la zone géographique circumpolaire. Janet Nungnik et Annie Pillaktuaq sont originaires du Nunavut, Melaw Nakehk’o vient de Fort Simpson aux TNO et Krystle Silverfox du Yukon. Enfin, Melissa Tremblett a grandi dans une petite communauté du Labrador, au nord-est de Labrador City.
L’Atlantique, le Québec, l’Ontario, les Prairies et le Pacifique sont les cinq zones géographiques d’où sont issus les 25 autres artistes sélectionnés pour ce prix. Chacun de ces 30 artistes recevra 10 000 $. Les six artistes de la courte liste, qui seront finalistes et dont les noms seront dévoilés le 26 mai, feront l’objet d’une exposition au Musée des beaux-arts du Canada à partir de septembre prochain.
Cette année encore les œuvres des artistes sélectionnés illustrent un large éventail de médiums et de perspectives, selon Jonathan Shaughnessy, directeur des initiatives curatoriales au Musée des beaux-arts du Canada et président du jury du Prix Sobey pour les arts cette année. « Le Prix Sobey pour les arts continue de jouer un rôle essentiel dans la diffusion des voix artistiques contemporaines les plus pertinentes de notre pays », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse daté du 16 avril.
Une vision du monde selon les Dénés
En témoigne le parcours artistique de Melaw Nakehk’o, profondément ancré dans les enseignements et les philosophies traditionnels de son peuple. L’interdépendance de tous les êtres vivants et l’importance d’une coexistence harmonieuse avec le monde naturel sont quelques-uns des thèmes au cœur de ses œuvres. Sa pratique couvre les formes de savoir dénées, à travers des sculptures souples cousues de peau de caribou, des films documentaires, des installations, de l’art numérique et de l’enseignement du tanage de la peau d’orignal au sein de sa communauté.
Les œuvres d’Annie Pillaktuaq reflètent son interprétation de la culture et des formes de savoir inuit.
Le textile : un matériau pour se souvenir
Janet Nungnik est une artiste inuk originaire de Baker Lake, au Nunavut. Ses pratiques artistiques incluent la broderie et le perlage sur lainage feutré. Elle a ainsi créé des œuvres murales en textile qui expriment les souvenirs de l’artiste, de son existence sur le territoire et la transition vers la sédentarité. Elle s’appuie sur les techniques de confection transmises par sa mère, et s’inspire du travail et des techniques des nombreuses artistes du textile de la région de Baker Lake.
L’avant-garde : quand l’expérimentation rencontre la tradition
Annie Pillaktuaq est une artiste et designer inuk d’Iqaluit. Elle travaille surtout en techniques mixtes sur toile et ses créations sont inspirées du cubisme, mouvement artistique majeur du XXe siècle caractérisé par des formes géométriques. Ses créations reflètent son interprétation de la culture et des formes de savoir inuit à travers la déconstruction conceptuelle du réel, jamais abstraite, mais démultipliant les points de vue sur l’objet.
Annie Pillaktuaq privilégie les couleurs profondes et les traits affirmés, mariant des formes asymétriques qui sont autant d’expressions symboliques. L’artiste vit avec une déficience et se sert de son art, qui est son moyen privilégié de communication avec le monde qui l’entoure, pour exprimer ses expériences et ses pensées.
L’artiste gagnant.e sera annoncé.e le 14 novembre 2026, lors d’une soirée de célébration au Musée des beaux-arts du Canada et recevra 100 000 $. Chacun.e des artistes de la courte liste recevra 25 000 $.
Un portrait de l’artiste Melaw Nakehk’o sera publié dans la prochaine édition.
