le Mardi 19 mai 2026
le Mardi 19 mai 2026 7:27 Francophonie

Gabrielle Samson élue « Leadeur de l’année en éducation française » par Canadian Parents for French

Gabrielle Samson, enseignante de 4e et 5e année à l’École Įtłʼǫ̀, a été nommée « Leader de l’année en éducation française » par Canadian Parents for French.  — Photo Cristiano Pereira
Gabrielle Samson, enseignante de 4e et 5e année à l’École Įtłʼǫ̀, a été nommée « Leader de l’année en éducation française » par Canadian Parents for French.
Photo Cristiano Pereira

Nommée « Leadeur de l’année en éducation française » par Canadian Parents for French, Gabrielle Samson voit dans cette reconnaissance un encouragement venu de la communauté. Entretien.

Gabrielle Samson élue « Leadeur de l’année en éducation française » par Canadian Parents for French
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Gabrielle Samson en est à sa 14e année d’enseignement, dont six à Yellowknife. Cette année, elle enseigne en 4e et 5e année à l’École Įtłʼǫ̀, auprès d’une vingtaine d’élèves. Récemment nommée « Leadeur de l’année en éducation française » par l’association Canadian Parents for French, elle voit dans cette distinction une marque d’appui venue des parents, des élèves et de la communauté scolaire. Dans cet entretien, elle revient sur le sens de ce prix, sur la place du français dans la capitale ténoise et sur le rôle de l’école dans la vitalité de la francophonie aux Territoires du Nord-Ouest.

Comment as-tu réagi en apprenant que tu recevais cette reconnaissance de Canadian Parents for French ?

J’étais très surprise par cette nouvelle, parce que je suis au courant que cela prend une nomination. Je ne m’attendais vraiment pas à cet honneur, mais en entendant la nouvelle pendant notre assemblée à l’école, j’étais très fière et contente du fait qu’un parent ait pris le temps de me nommer pour cette distinction. Depuis, les gens de la communauté me félicitent et cela me permet d’apprécier le travail que je fais dans ma salle de classe.

Qu’est-ce que ce prix représente pour toi, personnellement et professionnellement ?

Le prix de l’enseignante d’immersion de l’année représente l’effort placé pour informer mes élèves de la culture francophone ici, à Yellowknife, au Canada, mais aussi au niveau international. Étant une fière francophone moi-même, parler de ma francophonie a toujours été très important dans mon enseignement. Il faut se connaitre culturellement et, en immersion française, c’est primordial que ces élèves puissent comprendre la dynamique de la francophonie canadienne et internationale. Professionnellement, recevoir ce prix, mais surtout les commentaires que j’ai reçus depuis la réception de cet honneur, me rassure que mes stratégies pour incorporer la culture dans mon enseignement sont gagnantes. Personnellement, j’essaie de travailler fort et surtout vers ce temps de l’année scolaire, je me sens souvent très fatiguée. Lire les commentaires que les parents de mes élèves et anciens élèves laissent sur les publications partagées me réchauffe le cœur à l’infini. C’est vraiment encourageant et cela me motive à continuer dans ce domaine.

Qu’est-ce qui te motive, au quotidien, dans ton travail auprès des élèves ?

C’est surtout les élèves. La grande motivation, c’est de préparer et d’exécuter des expériences d’apprentissage qui permettent aux élèves de pratiquer ce qu’ils apprennent et de voir l’apprentissage se faire devant toi ; c’est exactement le moment le plus motivant.

La salle de classe, qui inclut l’interaction avec les élèves par rapport à la matière, mais aussi leur quotidien, est ce qui embellit l’expérience pour moi, en tant qu’enseignante. Ils aiment apprendre et sont tellement curieux que cela rend l’enseignement amusant. En plus de cela, travailler dans un environnement où tu te sens confiante et appuyée par tes collègues permet de demeurer motivée.

Selon toi, pourquoi est-il important de continuer à encourager l’apprentissage du français dans un milieu comme Yellowknife ?

Yellowknife est un milieu minoritaire pour la langue française, mais dans cette ville, c’est facile de trouver des gens qui parlent français. L’éducation en français, qu’elle soit de langue maternelle ou bien en immersion française, offre la possibilité d’agrandir cette population. L’interaction entre les élèves des différents programmes montre que ce n’est pas une compétition ici, ni une friction culturelle. Ici, le désir est plutôt d’inclure plus de cultures, incluant les variétés de la langue française. Nous avons plusieurs écoles qui offrent différents programmes d’apprentissage de la langue française, à différents niveaux de l’apprenant, allant de la petite enfance jusqu’à l’âge adulte ; c’est une richesse pour le développement de notre ville. C’est important de continuer ce travail pour permettre aux francophones de vivre leur culture dans leur quotidien, mais aussi de permettre à des apprenants de la langue de vivre cette langue dans leur communauté. En apprenant de l’autre, nous brisons les barrières entre différents peuples et apprendre le français permet justement cela.

Comment vois-tu le rôle de l’école et des enseignants dans la vitalité du français et de la francophonie aux TNO ?

Le rôle de l’école et des enseignants est d’être des modèles de leur programmation. Le grand défi, c’est de motiver les élèves à parler en français pendant les heures de classe. Cela s’améliore quand l’enseignant ou l’enseignante prend l’initiative d’inclure la culture francophone dans les apprentissages. Utiliser des éléments comme la musique, la nourriture, les légendes, l’actualité, les évènements communautaires, etc., permettent à la communauté francophone et francophile de se connaitre et de s’apprécier. Pour le faire de façon authentique dans la salle de classe, il faut participer comme membre d’une école. Cette francophonie aux TNO évolue continuellement et il faut continuer d’apprendre à son sujet afin de se sentir comme membre de sa communauté.

Qu’aimerais-tu que les gens comprennent mieux à propos de l’éducation en français ici dans le Nord ?

Apprendre le français dans le Nord, c’est comme apprendre le français ailleurs au Canada, mais avec une plus grande perspective naturelle et durable venant des Dene, dans notre cas. La langue française dans le Nord est minoritaire, mais a un statut égal à dix autres langues officielles dans notre territoire. L’éducation en français est très accessible dans notre communauté, malgré le fait qu’elle se voit disparaitre dans d’autres. Les élèves qui apprennent le français ici deviennent compétents dans les deux langues officielles du Canada, mais aussi avec la perspective de plusieurs connaissances venant des peuples autochtones de notre territoire. Cette richesse langagière et culturelle est essentielle pour garantir l’harmonie entre les différentes cultures de cette région. Dans le Nord, il faut travailler ensemble pour survivre et nous avons besoin de permettre à cette langue officielle de continuer à se développer dans ce territoire.