L’hôpital Stanton à Yellowknife a mis sur pied, en 2019, un programme de mieux-être pour les populations autochtones. Sept ans plus tard, les autorités sanitaires affirment que le programme va bon train.
Selon Lorie-Anne Danielson, cheffe d’exploitation, l’hôpital Stanton reconnait la culture et les traditions comme parties intégrantes des soins, et du processus de guérison : « Nous essayons vraiment d’inclure la culture dans le travail que nous faisons ici. Nous embrassons vraiment toutes les cultures, nous essayons d’apprendre les uns des autres afin d’améliorer les modalités de nos traitements, et nous cherchons vraiment à nous assurer que nous offrons l’espace nécessaire pour que les cultures soient célébrées ici », a-t-elle indiqué. Elle a ajouté qu’il s’agit de réduire « le plus possible » le fossé qui peut se creuser, entre les pratiques usuelles de l’hôpital, et le savoir-faire autochtone en termes de soins.
En 2019, la structure hospitalière a mis à disposition des patient.e.s issu.e.s des Premières Nations différentes infrastructures pour accompagner leur rétablissement. D’abord, située entre les murs de l’ancien hôpital de Yellowknife, une cuisine dédiée, et spécialement aménagée pour cuisiner des mets traditionnels, comme de la viande d’orignal, ou encore de la viande de bison.
Ensuite, dans le nouvel hôpital situé à quelques mètres de l’ancien édifice, se trouvent une salle dédiée aux prières et à la guérison spirituelle ainsi qu’un espace extérieur où se trouve de quoi allumer un feu sacré, et accueillir des tambours traditionnels.
Les patient.e.s autochtones de l’hôpital Stanton de Yellowknife peuvent s’appuyer sur un soutien tant physique que spirituel, avec la mise en place d’un espace sacré dans l’hôpital
Une culture bien ancrée
Le programme de bienêtre autochtone a été mis sur pied dans la foulée de l’ouverture du tout nouvel édifice de l’hôpital Stanton, en mai 2019.
Le projet de moderniser l’endroit a été lancé par le gouvernement des TNO, et financé à hauteur de 350 millions $. Il était alors question d’inclure un programme qui respecte les croyances et la culture des Premières Nations, mais aussi les traditions autochtones dans les prestations de soins.
Aussi, le projet de loi C-5 a entretemps été voté à Ottawa en juin 2021, une loi qui a établi la date du 30 septembre comme Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, fériée à l’échelle du pays. Il s’agit de se souvenir du drame des pensionnats autochtones et des abus qui en ont découlé.
Cette journée résonne positivement auprès du personnel de l’hôpital Stanton, qui a mis en place depuis plusieurs années déjà, le Programme de bienêtre autochtone, comme l’a exprimé Lorie-Anne Danielson : « Je pense que la réconciliation est quelque chose que nous avons tous à cœur et que nous devons considérer individuellement. En tant qu’organisme public, nous sommes ouverts à demander pardon, à apprendre, vivre et grandir de ce qui nous est arrivé et savoir comment nous améliorer », a-t-elle mentionné.
Dans le cadre de son Programme de bienêtre autochtone, l’hôpital Stanton de Yellowknife offre un service d’interprétation médicale, qui consiste à soutenir et faciliter la communication entre le personnel soignant et les patient.e.s issu.e.s des Premières Nations. En plus, sept des langues officielles des Territoires du Nord-Ouest peuvent être traduites à l’hôpital durant l’offre de soins. Aussi, l’hôpital propose des visites individuelles aux patient.e.s, pour un soutien spirituel et émotionnel.
« Je pense que, pour nous, la journée de la réconciliation est une journée où nous témoignons notre solidarité, où nous apprenons, et où nous prenons des engagements concrets en faveur de la réconciliation – non seulement en tant qu’organisation, mais aussi à titre individuel : que pouvons-nous faire pour combler ce fossé, en apprendre davantage et en faire plus ? Car il est toujours possible d’en faire davantage », a ajouté Lorie-Anne Danielson, tout en mentionnant qu’il a en fait « toujours été dans la culture de l’hôpital, de collaborer avec les Premières Nations ».
Nous essayons vraiment d’inclure la culture dans le travail que nous faisons ici. Nous embrassons vraiment toutes les cultures, nous essayons d’apprendre les uns des autres afin d’améliorer les modalités de nos traitements, et nous cherchons vraiment à nous assurer que nous offrons l’espace nécessaire pour que les cultures soient célébrées ici
Des ainé.e.s d’expérience comme Rita Fanslan sont mis à la disposition des patients autochtones afin de les soutenir dans leur rétablissement
Accompagner vers la guérison
Rita Fanslan, originaire de Ulukhaktok, dans la région d’Inuvik aux Territoires du Nord-Ouest, est une ainée qui travaille au programme de Stanton. Elle offre aux patient.e.s des activités thérapeutiques, comme la couture, la fabrication de bijoux de perles, ou encore des casse-têtes.
« On a tellement de patients venant du Nunavut, de partout dans les TNO, qui perdent le lien avec leurs familles en étant à l’Hôpital. Ça dépend de leurs maladies, mais ils sont peut-être seulement seuls, si loin de chez eux, a décrit l’ainée. Je ne sais pas grand-chose à propos de la Journée Vérité et réconciliations, mais je sais qu’il y a beaucoup de personnes traumatisées qui n’aiment pas trop en parler. Mais on peut être là pour que ce soit plus facile, ou simplement pour leur dire que l’on comprend par quoi ils sont passer. Il est important qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls », a-t-elle ensuite appuyé.
L’équipe qui encadre le programme de bienêtre autochtone de Stanton est composée, entre autres, d’un responsable de programme autochtone, chargé de la coordination des services, d’un agent de liaison, qui assiste les patients et leurs familles afin de faciliter leur accès aux services et d’un ainé qui met à profit son expérience, ainsi que sa connaissance de la culture autochtone, afin d’animer des groupes de parole, ou de rencontrer des patients individuellement.
Lorie-Anne Danielson a tout de même exprimé que, sur ce chapitre, il manque encore de personnel pour répondre à tous les besoins, et donc que l’Hôpital cherche toujours à agrandir l’équipe interne, afin d’améliorer les soins.
