Dans ses plus récentes statistiques, Jeunesse J’écoute a révélé que, lors de la dernière année, 25 % de jeunes ténois.e.s ont fait appel à l’organisme durant la nuit, et par textos, afin de tenter de résoudre des problèmes d’anxiété, de défis dans leurs relations interpersonnelles, et d’angoisses.
Ces données sont publiées, alors que les médias ténois annonçaient le 3 septembre, que la moitié des élèves de l’école Alain Saint-Cyr de Yellowknife, soit 40 élèves de la 6e à la 12e année, ont choisi de quitter l’école. Une situation qui préoccupe le directeur général de la commission scolaire francophone des TNO (CSFTNO), François Rouleau. « C’est sûr que de savoir qu’on a des élèves, des jeunes qui sont en détresse, ça nous préoccupe. Je comprends que ce sont les appels de nuits qui ont augmenté de 25 %, c’est préoccupant de savoir que les élèves sont réveillés la nuit et font ces appels plutôt que de dormir, parce que le lendemain, ils se retrouvent dans nos écoles et sont très fatigués », a-t-il d’abord exprimé.
Il a ensuite rappelé que de nombreuses ressources existent dans les écoles francophones des TNO : « À l’école, on a des sessions d’information avec le personnel et les services sociaux, entre autres, le personnel est conscientisé aux besoins de nos élèves de bien se sentir, d’avoir de bonnes relations. » Il a ajouté faire du bienêtre des adolescent.e.s inscrit.e.s dans les écoles francophones des TNO, une priorité.
Le directeur général de la CSFTNO a ainsi indiqué qu’une ressource interne est spécifiquement chargée de prendre contact avec les jeunes au besoin, et de les diriger vers des services professionnels via le Centre de soins primaire de Yellowknife, entre autres possibilités. « Parce que les enfants peuvent être très performants académiquement, mais s’ils ne se sentent pas bien avec eux-mêmes, ça va avoir un impact direct sur le rendement. L’un va avec l’autre », a fait remarquer Monsieur Rouleau.
À l’école, on a des sessions d’information avec le personnel et les services sociaux, entre autres, le personnel est conscientisé aux besoins de nos élèves de bien se sentir, d’avoir de bonnes relations.
Andréanne Deschamps, Vice-Présidente des services cliniques de Jeunesse J’écoute, a indiqué que l’augmentation du nombre d’appels au service de l’organisme doit être suivie d’actions concrètes afin de soutenir adéquatement les jeunes en détresse.
Jeunesse j’écoute, un service de plus en plus utilisé dans les TNO
Une carte interactive du site Internet de Jeunesse J’écoute indique que dans les Territoires du Nord-Ouest, sur une population globale d’environ 32 500 personnes, 50 % ont entre 14 et 17 ans. Sur ce nombre, 61 % d’entre eux appellent parce qu’ils sont en majorité préoccupés par leur santé mentale. Toujours selon l’organisme, 40 % des jeunes ténois.e.s disent souffrir d’anxiété ou de stress, et 39 % trouvent les relations interpersonnelles difficiles à gérer. À titre de comparaison, plus de 60 % des jeunes du Yukon ont logé un texto ou un appel téléphonique à Jeunesse J’écoute, contre 25 % dans les TNO.
Chercher de l’aide par texto
Andréanne Deschamps, vice-présidente des services cliniques de Jeunesse J’écoute, a affirmé que les trois sujets qui préoccupent les jeunes sont l’anxiété, les relations interpersonnelles et la dépression. Ces préoccupations sont de plus en plus exprimées par texto : « C’est variable à travers le pays, mais, ce que l’on voit, c’est une augmentation globale. On voit, par exemple, qu’au Nunavut, c’est 17 %, donc c’est un peu plus bas, tandis que le Yukon, c’est 64 %, a-t-elle commencé par indiquer. On a lancé nos services par texto il y a environ huit ans et, effectivement, ça nous a permis d’aider beaucoup plus de jeunes qui n’appelaient pas nécessairement. Pour un jeune qui n’a pas nécessairement d’endroit confidentiel pour parler, le texto facilite la demande d’aide parce qu’on est sûr qu’il n’y a personne qui va entendre. »
Pour elle, ces chiffres indiquent que les jeunes sont plus nombreux à chercher de l’aide. « Ce qu’on a remarqué à Jeunesse J’écoute, c’est que, entre l’année dernière et celle-ci, il y a eu une augmentation de la demande d’aide pour nos services, et cette demande-là est particulièrement plus prononcée dans nos services par textos. La différence est effectivement une augmentation de 25 % dans les TNO », a-t-elle indiqué, avant de mentionner que cette hausse annonce la majoration du financement afin de répondre aux attentes grandissantes des populations jeunes : « Ce que nous devons faire en ce moment, et qui est notre priorité, c’est d’être capable de répondre à cette demande particulièrement plus accentuée la nuit, ce qui veut dire qu’on doit ajouter le nombre d’effectifs et d’intervenants, de superviseurs, etc., qui sont là pour répondre à la demande d’aide. »
