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le Jeudi 20 mai 2010 11:27 Culture

4e Festival international de luth Hay River subjuguée

4e Festival international de luth Hay River subjuguée
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Sous l’initiative de Tyler Hawkins, enseignant et musicien reconnu aux Territoires du Nord-Ouest, les communautés du sud du Grand lac des Esclaves ont accueilli le 4e Festival international de luth des TNO, du 12 au 15 mai derniers.

 

Ce festival roule sa bosse aux TNO depuis quatre ans déjà. Cette année, pour ajouter de la couleur à cet événement d’envergure internationale, Tyler Hawkins a fait appel à la chanteuse soprano de Fort Smith, Karen Zaidan.

Cette dernière a accompagné le luth de Michel Cardin, le luthiste le plus connu au Canada. Ensemble, ils ont offert une prestation savoureuse, l’humour de ces deux passionnés de la musique a arraché, plus d’une fois, des rires à la quarantaine de spectateurs rassemblés à l’Église pentecôtiste. Karen Zaidan, qui se produisait pour la première fois à Hay River, a réussi, sans l’ombre d’un doute, à subjuguer les auditeurs par la puissance de sa voix cristalline. « Elle a ajouté une autre dimension à la musique », a partagé Clinton Debogorski, un jeune musicien de Hay River, après le spectacle.

Karen Zaidan raconte avoir sauté sur l’occasion de se produire lors de ce festival. Elle ne se tarissait pas de remerciements à M. Hawkins pour l’invitation. « Il m’a appelée et il m’a demandé si je voulais… il n’a pas terminé sa phrase que j’ai répondu : “Oui!” », raconte la grande soprano, vêtue d’une longue robe noire soyeuse aux accents rouges. Mme Zaidan est connue à Fort Smith pour ses implications dans la francophonie, elle a d’ailleurs déjà chanté lors du Festival de bière de l’Association des francophones de Fort Smith. Mme Zaidan a d’ailleurs été l’une des ambassadrices culturelles des TNO à la Maison du Nord Canadien, dans le cadre des Jeux olympiques de 2010, à Vancouver.

Miguel Yisrael, que l’on connaît aussi sous le nom de Miguel Serdoura (il utilise aujourd’hui le matronyme maternel), était aussi du nombre. Luthiste chevronné, M. Yisrael est originaire de Lisbonne. Il demeure aujourd’hui à Paris, où il enseigne le luth. Il en était à sa deuxième participation au festival de Hay River, le seul de ce genre au Canada.

« Il faut créer un public, il faut intéresser les gens », a confié M. Yisrael, en entrevue avec L’Aquilon. Selon le musicien, bien qu’il joue un peu partout dans le monde, les petites communautés comme Hay River ne doivent pas être laissées pour compte. « Il n’y a pas de petites places! », a-t-il laissé tomber doucement. Il raconte que, même à Londres, il y a quarante ans, on ne connaissait pas le luth. Musicien intelligent et sensible, il a captivé son auditoire.

M. Yisrael travaille actuellement un programme de Wolff Jakob Lauffensteiner, un Autrichien du XVIIe siècle. « Il s’agit d’un programme très peu connu, même par les luthistes », a partagé Miguel Yisrael, qui vient tout juste de sortir un album : « The Court of Bayreuth ».