Les francophones et anglophones du Delta du Mackenzie ont eu la chance d’assister au vernissage de trois artistes ténoises, la fin de semaine dernière, à Inuvik.
Une autre belle réussite pour l’Association francophone du Delta du Mackenzie (AFDM), la fin de semaine dernière, cette fois-ci avec le vernissage de trois artistes des Territoires du Nord-Ouest : Isabelle Godin, Andrée Bélanger et Édith Vachon-Raymond.
À son comble, la salle de réunion du Club de curling d’Inuvik, où se tenait l’exposition, a réuni plus d’une quarantaine de personnes. Les sourires ravis et les conversations animées indiquaient déjà le succès de ce vernissage. « Ce fut un moment agréable, avec de la musique entraînante, de l’art et des conversations intéressantes. Nous avons eu la chance de parler avec les artistes et d’avoir un point de vue plus personnel sur leurs œuvres », a partagé Jean-Pierre Langlois, un anglophone d’Inuvik, enchanté de sa soirée.
La préparation de ce vernissage a été tout un défi pour l’Association des francophones du Delta du Mackenzie, car la plupart des membres de leur conseil d’administration se trouvaient à l’extérieur au moment de l’événement. Isabelle Godin et Andrée Bélanger ont, heureusement, reçu l’aide précieuse de nombreux bénévoles. Anne Church, Stella Patera et beaucoup d’autres membres de la communauté, francophone comme anglophone, n’ont pas hésité à s’impliquer pour contribuer au succès de cet événement.
Isabelle Godin, qui n’en était pas à sa première exposition, a dévoilé une série de tableaux : « J’aime placer mes sujets au premier plan », a expliqué Mme Godin. Ainsi, un corbeau, un morse, un ours polaire, un chevreuil et des fleurs inspirées de l’artisanat autochtone se sont retrouvés au cœur de ses œuvres. Très créative, l’artiste peintre évoque plusieurs cultures au sein d’un même tableau par son choix de couleurs, souvent très vives. Par exemple, son corbeau figurait au-devant d’un soleil aux teintes chaudes, tel un clin d’œil aux communautés latines ou, même, africaines. Mme Godin a d’ailleurs vendu cette œuvre lors du vernissage. Même si elle n’en était pas à son premier vernissage, il s’agissait, pour elle, de la première peinture dont l’acheteur n’était pas un membre de sa famille.
Pour sa part, Andrée Bélanger a présenté une version nordique, réalisée au dessin, de la fable « Le corbeau et le renard » de Jean de la Fontaine. Dans cette dernière, le corbeau bien plus rusé que le renard et place le fromage qu’il détient dans son bec, entre ses griffes, lorsque vient le temps de prouver au renard que sa voix est d’une beauté rarissime. « […] Apprenez qu’au Nord, ici/ Le Corbeau si sensible à la flatterie/ Sait aussi se méfier de la tromperie. », disait le Corbeau, au Renard pantois.
Mme Bélanger a remanié de son cru cette version nordique et, de surcroît, bilingue. La jeune femme, coorganisatrice du vernissage avec Isabelle Godin, a d’ailleurs eu la surprise de sa vie en voyant l’intérêt des gens pour ses peintures. « C’est troublant parce que c’est la confirmation que ton travail a de la valeur! », s’est-elle exclamée lorsqu’elle a vendu sa première toile à vie. Dans les jours suivant le vernissage, elle en a d’ailleurs vendu une autre, à son grand bonheur.
La troisième artiste présente, Édith Vachon-Raymond, présentait, pour sa part des photographies, dont certaines s’inspiraient du photojournalisme.
