le Lundi 2 mars 2026
le Jeudi 7 avril 2016 10:50 Culture

Cinématographie Intéressés à nos histoires

Cinématographie Intéressés à nos histoires
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La commission du film des TNO développe l’industrie locale.
 
Un mercredi soir de mars, un robot télécommandé se déplace sur une patinoire de Yellowknife. Plusieurs caméras vidéo haute résolution sont installées sur ce modèle réduit et filment une partie de hockey sur glace en 360 degrés. Le projet Sesqui, une initiative affiliée au 150e anniversaire de la confédération, est à Yellowknife pour filmer l’essence des Territoires. Ce projet sillonne le Canada en entier, et recueille des images inédites du tout pays pour les présenter lors d’un festival ambulant dès 2017. Partie de Hockey sur la baie de Yellowknife, balade de traineaux à chien dans la taïga, observation des aurores boréales… les images qui dépeindront les Territoires seront à l’image du slogan touristique ténois : spectaculaires.
C’est la commission du film des TNO qui a aiguillée l’équipe de production. L’agence gouvernementale fournit des suggestions de lieux de tournage, des noms de professionnels locaux capables de travailler en avant et en arrière de la caméra, des ristournes fiscales pour les productions qui désirent tourner dans les Territoires. Camilla MacEachern, commissaire du gouvernement à la cinématographie, estime que son institution est au service des compagnies de production en leur offrant de l’information sur tout ce dont ils ont besoin pour réaliser leur projet, tel que les permis, l’équipement ou l’expertise disponible partout aux TNO.
« Nous avons de multiples requêtes concernant de très divers projets, explique MacEachern. Le Nord et ses histoires intéressent. En ce moment, il y a énormément d’intérêt pour la région du Delta du Mackenzie. Nous nous démarquons des destinations de tournage au sud du Canada, car partout ailleurs il n’y a plus vraiment de neige, alors qu’à ce moment-ci de l’année, nous pouvons filmer des scènes hivernales dans des conditions clémentes. » La commissaire cite le récent exemple de la traversée de la route de glace vers Tuktoyaktuk par une horde de plus de 3000 rennes domestiqués. Deux compagnies de production étrangères étaient sur place pour l’événement.
Les productions sont encouragées à filmer ailleurs que dans la capitale ténoise grâce à des incitatifs financiers. Les projets admissibles qui s’effectuent en régions reçoivent 35 % de remise sur les dépenses engagées durant la production. Ce rabais n’atteint que 20 % si le tournage ne se fait qu’à Yellowknife. Dans le cadre de ce programme d’abattement fiscal, le gouvernement ténois subventionne également l’emploi et la formation de la main d’œuvre professionnelle locale de cette industrie, ou encore rembourse 10 % des couts de voyage pour atteindre les TNO de partout au sud du 60e parallèle. Pour une seconde année consécutive, ce programme s’adresse aux productions qui investissent plus de 100 000 $ aux TNO et attire des projets provenant de partout dans le monde.
 
Téléréalités et autres productions
Les Territoires du Nord-Ouest ont eu leur part de productions à sensation, telle que Ice Road Truckers, Ice Pilots NWT, Ice lake Rebel ou Arctic air. D’après MacEachern, chaque projet apporte des bénéfices aux Territoires, mais différemment : « certains n’embaucheront pas tant de professionnels locaux, mais auront un rayonnement bénéfique sur le tourisme ou la renommée des Territoires ».
La commissaire admet que si les grands projets sont connus de son institution, les petites productions ne sont pas tout le temps au fait des services offerts par la commission. C’était le cas pour les réalisateurs Dominique Simonneau et Pascal Hémon, deux Français qui viennent de boucler un documentaire de 52 minutes sur deux skieurs qui traversent la taïga et la toundra arctique sur les traces d’un roman de Jules Vernes. « Nous avons réalisé le film sans connaître l’existence de cette commission et je pense que nous n’étions pas dans un cas d’application des aides de la commission », de commenter Dominique Simonneau. Cette dernière dit n’avoir rencontré aucune difficulté pour le tournage. Ses demandes d’entrevue ont toutes été acceptées et bien accueillies.
La réalisatrice confie que ce sont les couts de postproduction qui restent les plus importants pour ce documentaire. « Les vrais coûts de nos films sont la postproduction (montage, mixage, étalonnage, enregistrement des voix off) et dans le cas précis de ce film, tournage des scènes «Jules Verne» (acteur, costumes, maquillage, postiches, décors). Le tout réalisé en France. »
Cette équipe est désormais en contact avec la commission pour obtenir son soutien pour réaliser la version anglaise du film pour faciliter la distribution du film au Canada.