le Lundi 2 mars 2026
le Jeudi 3 novembre 2016 16:30 Culture

Chronique littéraire Nanuktalva de Gilles Dubois

Chronique littéraire Nanuktalva de Gilles Dubois
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Celui qui marche comme un homme : L’ours.
C’est aussi le personnage central de cette histoire d’amitié entre un vieil homme et une jeune fille qui deviendra jeune femme.

 

Cette dernière se nomme Gaïa. Il la surnomme Tiriganiak, « renard blanc ». Il a toujours fait partie de sa vie, car le père de Gaïa a connu Nanuktalva dans le Grand Nord. Le colosse inuit l’a effectivement sauvé d’une mort certaine aux mains d’un ours. Depuis ce temps, leur amitié a débouché sur une longue relation qui a amené l’Inuit à accompagner la famille jusqu’à Timmins, en Ontario.

Au début de l’histoire, nous apprenons à apprécier cette amitié en découvrant diverses facettes de chaque personnalité. Gaïa, à l’intelligence vive et au grand sens de l’humour, possède aussi une curiosité hors du commun pour tout ce qui l’entoure.

Nanuktalva, jouant le rôle d’un grand-père et d’un sage, lui fait le récit de sa vie, lui raconte ses aventures du Grand Nord, sa jeunesse en tant qu’Inuit. Il lui traduit sa culture, ses traditions, ses valeurs tout en lui enseignant sa langue. Ceci d’ailleurs est une des sources de conflit entre lui et les parents de Gaïa, car même si Nanuktalva s’occupe de la petite fille après l’école et les fins de semaine et qu’ils se sentent pleinement en confiance de lui laisser la garde de l’enfant, les valeurs de liberté et de laisser vivre de l’homme s’opposent directement à certaines valeurs plus conservatrices du couple.

La première partie de l’histoire nous présente Nanuktalva à 58 ans et Gaïa à 6 ans.
La deuxième partie nous projette en avant d’une dizaine d’années. Nanuktalva doit retourner à Inuvik pour s’occuper de ses vieux parents, alors qu’une maladie terrible décime une grande partie des gens du village.
Ceci cause un terrible choc à Gaïa. Et une grande tristesse au vieil homme.

Après un certain temps, l’inquiétude gagne la famille; on s’inquiète pour la vie de Nanuktalva. Après avoir reçu une lettre chargée de soucis, il revient à Timmins. Et la vie reprend son cours.

Lors d’un voyage à Ottawa, un événement tragique survient, qui va changer la vie de Gaïa pour toujours, et à ce moment, tout bascule.

C’est à partir de la moitié du roman que l’histoire prend son envol. De l’action, il y en a à la tonne.
Les forces de ce roman jeunesse pour adolescents se situent dans l’amitié profonde entre Gaïa et Nanuktalva. Cette amitié les entraînera dans de nombreuses situations critiques, mais aussi dans des moments de tendresse et de générosité débordante.

Ce qui m’a un peu dérangé, c’est l’impression que la deuxième partie du roman me semble un peu échevelée comparée à la première, malgré l’immense intérêt que l’histoire a suscité en moi. Je voulais vraiment en connaître le dénouement.

Je vous le recommande pour les enseignements sur la culture et les valeurs inuites, ainsi que pour l’action débordante de la deuxième partie, malgré les défauts de cette dernière. Personnellement, j’ai préféré le style d’écriture de la première partie.