La musique romaine de l’Antiquité était pratiquée dans deux espaces régis de manière différente par les lois romaines : l’espace privé et l’espace public. La musique de l’espace privé était pratiquée dans un environnement individuel ou familial.
Dans cet espace les Romains étaient conservateurs, l’instrument musical privilégié dans cette espace était la tibia, instrument à vent muni d’une anche double en roseau appartenant à la famille des aulos et qui souvent était structurée par deux tuyaux. La lyre et la cithare ont été intégrées lentement vers la fin de la République romaine. À la manière de la religion privée, les musiques rituelles jouées dans les espaces publics ne pouvaient pas être jouées dans les espaces privés.
La musique des espaces publics était caractérisée par la musique jouée dans des évènements sociaux réglementés par les gouvernances militaires et religieuses de Rome ; lesquels, pendant la période républicaine (de 509 à 27 av. J.-C.), étaient régis par les consuls, le sénat et le Pontifex Maximus en suivant le Calendrier républicain ; tandis qu’à la période impériale (de 27 av. J.-C au 476 ap. J.-C.) les pouvoirs militaires et religieux étaient régis par une seule personne : l’empereur, chef du pouvoir gouvernemental et Pontife Maximus. Les activités sociales et musicales de cette période étaient organisées selon le Calendrier Julien. Ce calendrier solaire remplace les noms des mois Quintiles et Sextiles du calendrier républicain par les noms Julius et Auguste, et divise le mois non pas en semaines, mais en calendes (les premiers six jours) en nones (les huit jours suivants) et en ides (les jours du mois restants). Des 365 jours de ce calendrier, les festivals, les présentations théâtrales, les luttes de gladiateurs, les cérémonies dédiées aux dieux, aux vestales et les spectacles équestres étaient réalisés dans les 109 jours dits « néfastes » dans lesquels tous les bureaux civils étaient fermés.
Les instruments musicaux utilisés dans les espaces publics dépendaient de la nature des évènements. Ainsi les instruments utilisés par les activités militaires et civiques étaient le lituus, la tuba, la corne, et le buccin. Ils n’étaient pas seulement utilisés pour produire des sons militaires, mais pour jouer des mélodies monodiques à caractère moral et artistique. Deux fois par année, ils étaient purifiés dans des cérémonies religieuses appelées Tibilustrium. Les musiciens de ces instruments (les leticines, les tubicines, les cornicines et les buccinateurs) étaient des professionnels formés dans des écoles militaires de musique.
L’auteur anime Trésor de la musique classique,
le dimanche et le mercredi à 21 h sur les ondes de Radio Taïga.
