La Schola Cantorum de Rome été fondée à Rome au quatrième siècle pour structurer le chœur de l’archevêque Silvestre.
Cette institution romaine du clergé devient celle qui sélectionne et standardise la musique et les lettres des chants, hymnes et psaumes chantés dans l’Église chrétienne. Toutefois, sa mission trouve des limites.
D’abord, la fondation de Constantinople et la création de l’Empire romain d’Orient associé à la légitimation des patriarches d’Alexandrie, d’Antioche, de Rome, et postérieurement de Jérusalem et Constantinople, avait nommé cinq archevêques. Le seul de ces archevêques qui parlait latin était celui de Rome ; les autres parlaient et dirigeaient les offices religieux en langue grecque.
Un autre facteur qui limite la mission de la Schola Cantorum est les églises qui pratiquent les styles ambrosiens, sarum, mozarabe et gallican. Des styles qui sont natifs des communautés chrétiennes des différentes régions de l’Europe et de l’Afrique du Nord.
Le cinquième siècle de notre ère est marqué par la prise de Carthage par les Vandales, de Rome par les Visigoths et de Ravenne par les Ostrogoths. Ces coups engendrent la chute de l’Empire romain d’Occident. Pourtant, ils n’affectent pas l’Église chrétienne d’Occident qui, malgré sa séparation de l’Église chrétienne d’Orient, continue à se développer au sein des communautés antérieurement conquises par les Romains.
Un moine émerge avec force parmi les mystiques : Benoit de Nursie. Il gagne l’admiration et le respect des religieux qui l’entourent.
Il fonde l’ordre des Bénédictins, et parmi les règles strictes (les Règles de Saint-Benoit) pour diriger la vie des moines, il affirme le rite romain en divisant le jour en sept moments importants à la prière : les matines (entre minuit et le lever du soleil), les laudes (durant l’aube), le tierce (entre l’aube et le midi), le sexte (à midi), le none (entre midi et le couche du soleil), les vêpres (au début de la nuit) et les complies (avant de se retirer vers le sommeil).
La Bible utilisée est la Vulgate, version traduite en latin d’après des textes hébreux (relatifs à l’Ancien Testament) et du grec (les textes relatifs au Nouveau Testament). Dans ce contexte, les théories musicales qui guident la composition des chants sont dirigées par les théories de la Grèce antique dans les modes dorique, ionien, phrygien et Lydiane.
L’innovation la plus importante au niveau musical provient de Boèce (Anicus Manlius Severinus Boethius), qui traduit des textes du grec au latin, et nomme les notes musicales Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si, telles que nous les connaissons aujourd’hui.
L’auteur anime Trésor de la musique classique, le dimanche et le mercredi à 21 h sur les ondes de Radio Taïga.
