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le Jeudi 1 mars 2018 16:43 Culture

Musique Aux origines de la musique XVII

Musique Aux origines de la musique XVII
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 La musique comme ensemble de systèmes sonores organisés en notes musicales et silences ; arrangées en rythmes, durées, intensité et timbre. Elle se développe depuis l’Antiquité dans des formes vocales et instrumentales transmises oralement. Toutefois, la transmission orale demande non seulement une bonne communication entre le musicien transmetteur et le musicien récepteur, mais une coprésence dans un même espace-temps. Cela implique la difficulté de l’interprétation musicale lorsque les distances spatiotemporelles entre le compositeur et l’interprète sont grandes.
Pour assurer la précision des interprétations, des efforts sont déployés pour représenter la musique à travers des signes écrits depuis l’apparition de l’écriture dans l’Antiquité, mais jusque la fin du premier millénaire de notre époque, ces efforts produisent seulement des systèmes alphabétiques sur lesquels sont superposées des signes diacritiques (postérieurement désignées comme neumes). Toutefois, cela présente une grande difficulté à l’enregistrement écrit des harmonies et des polyphonies. Raison pour laquelle plusieurs historiens considèrent que la musique de l’Antiquité est monodique et que les orchestres de la pantomime romaine ainsi que les chœurs de la Grèce antique, jusque les monastères bénédictins, chantaient et jouaient sur une même mélodie.
C’est dans le monastère bénédictin Pomposa en Italie qu’au début du deuxième millénaire est inventée la structure fondamentale de la musique écrite. Le moine bénédictin Guido réfléchit sur la difficulté des moines à se rappeler des plain-chants, chant qui est monodique et chanté a capella (sans accompagnement musical) et qui, dans plusieurs de ses interprétations, est connu comme le chant grégorien.
Lorsqu’il devient directeur de l’école de musique de la cathédrale d’Arezzo (raison pour laquelle il est appelé Guido d’Arezzo), il invente la solmisation, il sélectionne un ensemble de neumes pour représenter les notes musicales et il invente la portée et la méthode mnémotechnique connue comme la main guidonienne. La solmisation renomme les notes musicales que Boethieus avait nommées A, B, C, D, E et F et les remplace par ut, ré, mi, fa, sol, la, si, soit les premières syllabes des vers d’un hymne à San Jean Baptiste.
En étudiant les neumes il sélectionne les punctums (petits carrés) pour représenter les notes musicales. Il les place sur la portée (quatre lignes parallèles) et il invente la graphie de la main guidonienne, une main sur laquelle se trouvent les tons et demi-tons que les moines copient pour interpréter le plain-chant religieux.

L’auteur anime Trésor de la musique classique,
le dimanche et le mercredi à 21 h sur les ondes de Radio Taïga.