La portée inventée par Guido d’Arezzo, au début du deuxième millénaire, est la pierre fondamentale à la construction des châteaux sonores de notre époque. Elle était composée par quatre lignes et les notes musicales étaient au nombre de six : ut, ré, mi, fa sol et la. Postérieurement, on ajoute une cinquième ligne et la note si. Le registre des notes musicales des mélodies sur la portée permet d’insérer des notes musicales qui, en consonant avec les notes de la mélodie, peut produire des harmonies. Harmonies qui, en se complexifiant, produisent la structure de la polyphonie.
Ce n’est pas faux affirmer que la polyphonie instrumentale précède la polyphonie vocale, car lorsqu’on prend un instrument à cordes, plus de deux cordes sont placées entre le manche de l’instrument et sa boite de résonnance (telle que la kithara jouée par les bardes grecs au VIe siècle av.-J.-C) et les vibrations que le musicien produit par pincement des cordes peut produire : un seul son (sur une corde) ou deux, ou plus si le musicien pince deux ou plusieurs cordes en même temps (accord). Alors la consonance des notes sur un même instrument produit une polyphonie musicale instrumentale. À ce fait nous pouvons ajouter que malgré l’absence d’enregistrement de la pantomime romaine, on peut postuler que la polyphonie orchestrale faisait partie des pièces jouées lors des présentations dans les amphithéâtres et odéons romains de l’Antiquité.
La polyphonie musicale vocale est plus complexe, et la portée inventée par le Guido d’Arezzo est fondamentale, car l’enregistrement des notes consonantes permet au genre de musique vocale, connue à la fin du premier millénaire par le nom d’organum, d’évoluer vers autres genres musicaux. L’organum est un genre de musique où des notes consonent en quartes et quintes (des notes musicales qui sont à des intervalles de quatre ou à cinq degrés, par exemple : do-fa et do-sol). Le chant de ces notes est guidé par une écriture neumatique en parallèle connue par notation daseian. De l’organum nait le déchant. La polyphonie du déchant était composée par la mélodie principale, appelée cantus firmus ou ténor qui, au XIIe siècle, était confiée à un instrument musical : l’orgue. Cet instrument musical apparait au IIIe siècle av. J.-C., inventé par Ctésibios d’Alexandrie et collectionné par Néron l’empereur romain, banni des églises chrétiennes d’Occident jusqu’à fin du premier millénaire de notre époque.
L’auteur anime Trésor de la musique classique,
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