le Dimanche 1 mars 2026
le Jeudi 17 mai 2018 17:03 Culture

Sur les ondes Aux origines de la musique XXVI

Sur les ondes Aux origines de la musique XXVI
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L’interaction entre des structures poétiques et musicales écrites au Moyen Âge central de l’Europe s’intensifie lorsque le trouvère Adam de la Halle, en 1286, écrit le Jeu de Robin et Marion, et le Jeu de la feuille, deux œuvres théâtrales musicales représentant la renaissance de la pantomime romaine et la naissance de l’opéra-comique.

Deux œuvres structurées sur des formes théâtrales que l’Église catholique utilisait pour évangéliser le peuple en présentant des épisodes bibliques dans des lieux publics. Les œuvres d’Adam Halle et le poème de Dante Alighieri La divine comédie (composé en 1303 en langue florentine) marquent l’introduction des langues vernaculaires dans un univers littéraire et musical écrit en latin sous l’hégémonie de l’Église catholique.

Le XIVe siècle en Europe est secoué par plusieurs problèmes qui touchent la vie sociale européenne : sècheresses ; peste bubonique appelée peste noire qui tue plus du tiers de la population européenne; guerre de Cent Ans opposant les dynasties des Plantagenet et des Valois des royaumes francs et anglais ; grandes dépressions économiques; crises entre les royaumes et également l’Église catholique qui déplace la demeure papale à Avignon, en territoire Francs. Pendant ces évènements les universités de Bologne, de Paris, d’Oxford, de Cambridge et de Salamanca propulsent la pensée rationaliste et humaniste vers une dialectique aux énoncés ecclésiastiques. Dans ce contexte apparaissent les écrits de Philipe de Vitry, un des fondateurs d’une nouvelle période de l’histoire de la musique : Les Ars Nova.

Philipe de Vitry est né dans la région où les trouvères composent et chantent dans la langue d’oïl. Il développe une carrière universitaire rayonnante établissant des relations avec des mathématiciens, tels que Johannes de Muris, et des philosophes, comme Pétrarque, philosophe italien précurseur de l’humanisme. Son œuvre Ars nova musicae marque les débuts de l’Ars nova en énonçant les symboles musicaux : la longue, la brève la semi-brève, la minime, la semi-minime et la fuse et, un élément important, la barre de mesure (ligne perpendiculaire aux lignes de la portée qui sépare les enregistrements sonores en temps de rythme). La splendeur des Ars nova est représentée par plus de quatre-cents poèmes écrits par Guillaume de Machaut dans les formes des ballades, virelais, motets et rondeaux à l’aide de la notation musicale dans plusieurs lignes mélodiques et accompagnés de paroles en latin et la langue d’oïl.

L’auteur anime Trésor de la musique classique,
le dimanche et le mercredi à 21 h sur les ondes de Radio Taïga.