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le Jeudi 25 octobre 2018 12:45 Culture

Musique Aux jardins de la musique classique #6

Musique Aux jardins de la musique classique #6
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Vers la fin du XVe Siècle et le début du XVIe, les deux axes de développement de la musique écrite — celle des chansons religieuses catholiques et byzantines, et celle des chansons et des danses de cour d’Europe — progressent en relation aux développements cognitifs, artistiques et sociopolitiques des royaumes d’Espagne, de France, et des duchés du Saint-Empire romain germanique.

C’est depuis le duché de Bourgogne que la musique dite de l’école franco-flamande rayonne en Europe. Le duché réunit les régions de l’Artois, du Brabant, de Flandre, du Hainaut, de la Hollande, et des territoires néerlandais. Durant la plus grande partie du XVe siècle, le duché de Bourgogne était sous le protectorat du Saint-Empire romain germanique, période durant laquelle la maison capétienne des Valois avait décidé de ne pas participer à la guerre de Cent Ans comme alliée de la couronne française en lutte avec l’Angleterre.

C’est dans ce contexte que l’école franco-flamande prend forme dans l’école de Bourgogne, où s’illustrent parmi d’autres Guillaume Dufay et Gilles Binchois, révise les écrits et commence à développer la polyphonie vocale. Elle innove en intégrant des tierces et de sixtes dans un système qui, jusque-là, n’utilisait que les quartes, quintes et octaves.

L’école franco-flamande se distingue par l’introduction des chansons transmises dans les traditions des trouvères et des troubadours dans l’univers de la polyphonie vocale écrite vers la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle.

Le légendaire compositeur et chanteur Josquin des Près essaimera les notes franco-flamandes au cœur du continent. Dans son enfance, il fait partie du chœur de l’église de San Quentin, ce qui lui permet de devenir chanteur de chapelle de l’église de Milan (charge qui impliquait aussi l’éducation des choristes). À cet endroit, il rencontre Léonard de Vinci qui s’intéressait aussi à la musique, ainsi que l’humaniste renommé Desiderious Erasmus. Sa carrière l’amène ensuite à Rome où il fait partie du chœur de la chapelle Sixtine, puis en France où il entre au service de Louis XII.