Vers la fin du XVIe siècle, en Florence, les analyses et conclusions que les membres de la Camerata florentina adoptent sur l’état de la musique écrite fonctionnent comme un prisme polarisant les courants intellectuels.
Trois axes historiques principaux s’en dégagent : celui de la religion catholique, celui de l’écriture polyphonique et celui du développement de l’humanisme.
L’histoire de la religion catholique commence avec les réunions des groupes de croyants au début de notre ère sous la persécution des Romains, mais elle s’organise et exerce un pouvoir de domination sur la pensée libre depuis que l’empereur Constantin l’adopte comme religion officielle de l’Empire romain. Force dominante qui opère durant tout le Moyen Âge sur les activités artistiques et éducatives publiques, les spectacles publics sont interdits et surtout ceux de la pantomime. L’histoire de la musique écrite qui avait commencé en Mésopotamie et dans la Grèce antique avait été récupérée par les monastères catholiques dans lesquels Guido d’Arezzo a propulsé son développement.
L’Humanisme émerge aux débuts de la Renaissance et amène l’attention intellectuelle vers l’importance de comprendre et d’étudier les acquis de l’humanité sous l’ombrelle du rationalisme et de l’empirisme, notamment. Il y a un retour aux analyses philologiques des œuvres capitales des auteurs de la Grèce et de la Rome antique. Parmi celles-ci, les œuvres d’Homère, d’Hésiode, d’Ovide, d’Horace et de Virgile sont étudiées, et leurs descriptions mythologiques illuminent l’imaginaire des discours intellectuels.
Les membres de la Camerata florentina mettent en relief des problèmes relevés de la polyphonie, notamment la diversité des voix superposées qui éclipsaient la signification de la parole. La beauté de la parole chantée, l’expression et la production des émotions, étaient pour eux éclipsés par la sonorité des chants polyphoniques. Il y avait le besoin de recréer la monodie en la combinant avec des récitatifs comme mélodie et de réduire l’harmonie à quelques instruments. Une reprise de la musique avant l’hégémonie catholique…
