Le pianiste Roman Zavada revisite l’histoire du cinéma au NACC.
Buster Keaton, Charlie Chaplin, Laurel et Hardy, Méliès : la préhistoire du cinéma, ni couleur, ni son, et pourtant, les enfants en raffolent, affirme le pianiste Roman Zavada.
On aura l’occasion de s’en assurer au NACC le 26 janvier, à l’occasion du Children’s Festival of Silliness, alors que Zavada improvisera la bande sonore de ces comédies.
Le monsieur n’est pas un inconnu aux TNO. Les aurores de son spectacle Résonances boréales ont été filmées ici en 360 degrés, en 2013, et c’est ici qu’il en a composé la musique. Le spectacle a tourné sur plusieurs continents et sera présenté à New York en mai prochain.
Genèse
Voilà environ 15 ans que Roman Zavada, un peu par hasard, est devenu, aux côtés de Gabriel Thibaudeau, un des pianistes attitrés des projections hebdomadaires de films muets à la Cinémathèque de Montréal.
Un point décisif dans la carrière de ce passionné d’improvisation, qui se met à parcourir la province — bars, plein air, etc. — en composant en temps réel les bandes-son de films muets, lui qui n’en avait jamais vu auparavant.
Pas que des films pour enfants, mais aussi des drames des répertoires russe et allemand, le Metropolis de Fritz Lang, le Nanook of the North de Robert Flaherty, etc.
« Je veux déstéréotyper le film muet comme étant quelque chose d’ennuyant, explique Roman. Le piano apporte une touche magique et, à la grande surprise, les enfants sont le meilleur public. C’est de la comédie et ils adorent. Ça rit beaucoup, et les adultes aussi aiment ça. »
Attitude
À la Cinémathèque, Roman Zavada ne voyait parfois qu’une seule fois avant le spectacle les films qu’il allait devoir accompagner. Ceux qui seront présentés à Yellowknife, il les a vus souvent. S’il concède jouer parfois dans les mêmes platebandes que dans les spectacles précédents, il assure éviter le pilotage automatique et se laisser beaucoup de latitude pour changer de direction. « Il faut rentrer dans l’histoire, les plans de caméras, les séquences et les personnages, explique-t-il. Ça demande un haut niveau de concentration. Parfois, je vais dans une mauvaise direction, mais je me rattrape ensuite. Et je développe de belles complicités avec le public, qui me font réagir. »
Contrairement à Résonances boréales, aucun enregistrement de cette série de spectacles n’est disponible. « Un peu dommage, avoue Zavada. Parfois j’improvise de super belles choses, mais je ne m’en souviens plus après. »
