Son rayonnement dans l’art de la courtepointe
Le ciel étoilé dans lequel les aurores boréales dansent joyeusement lors de longues belles nuits; le soleil qui dans l’hiver illumine les paysages enneigés; des loups, des renards, des orignaux et des corbeaux qui virevoltent acrobatiquement dans la forêt, la taïga et la toundra boréale; et les sons des tambours autochtones lors de ces cérémonies sociales et spirituelles. Ce sont les éléments du cosmos naturel et culturel qui inspirent la création de plusieurs des œuvres des artistes des TNO.
Parmi ces artistes, des femmes francophones venues de différentes régions de la planète : par amour, parce qu’elles trouvent un emploi, ou parce qu’elles aiment l’aventure de la découverte; elles contemplent la nature, organisent ses outils et des matériaux pour construire des œuvres qui cristallisent la beauté dans l’esthétique des formes, des lignes et des couleurs. Parmi elles, Marie-Christine Aubrey, artiste de Fort Smith, rayonne dans une des plus anciennes traditions artistiques : la courtepointe.
La courtepointe est l’art de construire des mosaïques avec des fragments de tissu rassemblés et cousus sur une couche de molleton reliée à une autre couche de tissu constituant l’envers.
Ces fragments de tissu qui servent de motifs géométriques ou picturaux peuvent être déjà colorés industriellement ou peints par l’artiste lui-même. Ils peuvent être structurés comme des tableaux ou comme des objets utilitaires tels que des vêtements et des couvertures. Cette forme d’art, on la retrouve en chine, dans l’Égypte ancienne, et est bien répandue dans les palais et châteaux médiévaux de l’Europe, dont la France et l’Angleterre, d’où provient l’héritage culturel des premières colonies au Canada. Marie-Christine Aubrey, native de Nantes en France, est initiée à cet art par Carole Benson en 2000 à Fort Smith, et se perfectionne ensuite en participant à plusieurs ateliers aux États-Unis.
Lorsqu’elle imagine un projet, elle le dessine sur papier en calculant les proportions et les couleurs des fragments de tissu à utiliser pour structurer sa création. Le coton est son étoffe préférée. Elle y peint les motifs qui lui serviront à représenter ses idées, des fragments qu’elle joint parfois avec des morceaux de batik, et les rassemble ensuite avec beaucoup de soin en utilisant une machine à coudre et parfois, des aiguilles qu’elle manipule délicatement. Ce processus peut prendre plusieurs mois. Son style préféré est la fibre d’art dans laquelle les couleurs sont choisies pour leur caractère symbolique. Elle utilise des pinceaux pour étendre la peinture sur le tissu et produire des petits tableaux.
Le rayonnement de Marie-Christine Aubrey dans l’art des Territoire du Nord-Ouest est marqué par de nombreuses expositions et des prix dans des compétitions avec ses pairs. La beauté de ses travaux illumine le ciel des arts nordiques et fait partie du patrimoine canadien.
