Contes et tatouages au henné
Les arts comme structures sémantiques et paradigmatiques se sont développés à travers la planète depuis les origines de l’humanité. Comme structures sémantiques, elles sont composées par des éléments naturels et culturels rassemblés en œuvres qui se placent dans des traditions particulières. Comme structures paradigmatiques, ils se différencient les uns des autres par des manières particulières d’utiliser les techniques et leur savoir-faire, en innovant et en établissant de nouveaux courants.
Aux Territoires du Nord-Ouest, plusieurs structures sémantiques et paradigmatiques artistiques arrivent des autres continents et continuent leur développement en parallèle aux courants autochtones. Parmi eux, le tatouage au henné et le conte. Pascaline Gréau et Lisa Berthier sont parmi les plus remarquables représentantes de leur complexité maitrisée et pratiquée.
Pascaline Gréau est née dans la commune française de Compiègne située au nord de la forêt domaniale en aval des rivières Oise et Aisne dans le nord de la France. Après plusieurs voyages dans le monde, sa joie de vivre l’amène à Yellowknife en 2010. Depuis 2012, elle est la directrice de l’AFCY, participant à la promotion des arts francophones aux TNO et au Canada. Elle est actuellement en congé de maternité. L’art du tatouage au henné, c’est l’art qu’elle maitrise. Le matériel fondamental que nécessite cet art est un pigment obtenu des feuilles de la plante lawsonia inermis que l’on retrouve à l’origine en Afrique du Nord, en Inde, au Pakistan et au Yémen, là ou l’art du tatouage au henné est connu comme le mehndi. Les figures utilisées pour cet art sont géométriques et symboliques. Elles sont peintes de façon temporaire sur le corps humain, surtout sur les mains et les bras. Cet art qui, en occident, est surtout décoratif, accomplit un rôle magique dans plusieurs communautés africaines et asiatiques. Il est utilisé pour préparer les femmes a plusieurs rites de passage tels que leurs premières menstruations, les fiançailles et le mariage. Il sert aussi à soigner certaines maladies.
Lisa Berthier est née à Petit-de-Grat, un petit village maritime situe en Nouvelle-Écosse, à l’est de l’ile du Cap-Breton. Les vagues de l’océan Atlantique imposent leurs rythmes aux forces de la nature qui se posent sur l’ile pour entendre la beauté de la langue acadienne. La langue danse dans les paroles de ses habitants qui y demeurent depuis plus de 400 ans et qui y pratiquent le conte de manière traditionnelle et quotidienne. Lisa Berthier, après avoir terminé ses études à Moncton en sciences politiques et administration, arrive à Yellowknife en 2012 pour travailler comme gestionnaire aux langues officielles au ministère de la Santé et des Services sociaux. Actuellement, elle travaille à la direction de l’AFCY pour remplacer Pascaline Gréau. Sa maitrise du conte est un héritage culturel de sa famille découlant de la déportation au Cap Breton depuis les conflits franco-anglais du XVIIIe siècle. Le style de conte qu’elle pratique réunit avec beauté les changements d’intensité, de volume et de rythme de la voix pour transmettre des émotions qui flambent entre la tristesse et la joie. Pour elle, cela est complètement naturel et reflète les réunions familiales et sociales de son foyer lorsque les convives partagent de manière spontanée des contes et des mets en célébration de la vie.
