Le Ballet royal de la nuit n’est pas seulement une des plus extraordinaires œuvres artistiques de l’histoire.
Il est une création qui, dans sa structure, contient des facteurs ésotériques et exotériques fusionnés dans un ensemble symbolique pour : catalyser l’unité du royaume de France autour des rois de la maison capétienne de Bourbon ; exorciser les conflits internes du royaume dus à des intérêts divergents des nobles parmi les conflits entre catholiques et protestants ; et polariser des actions armées contre l’empire des Habsbourg et celui de l’Angleterre.
Les fondements cognitifs des composants symboliques qui structurent cette œuvre, on les retrouve dans le ballet Circé (connu aussi sous le nom de Ballet comique de la Reine), ballet structuré par Catherine de Médicis en 1581 ayant Balthazar de Beaujoyeulx comme compositeur musical. À partir de cette œuvre, les connaissances sur la manipulation des symboles dans la danse traversent les années, véhiculées par les cardinaux de Richelieu et Mazarin. Le cardinal de Richelieu, étant principal ministre d’État de Louis XIII, non seulement prend en charge les stratégies militaires et commerciales du royaume de France et de la Nouvelle-France, mais protège et encourage aussi le développement des arts et des lettres, principaux axes du développement culturel d’un peuple. C’est lui qui, en 1635, approuve les statuts et règlements de l’Académie de la langue française, institution qui règlemente les standards de la langue française.
Au cardinal de Richelieu succède le cardinal Jules Mazarin, qui devient principal ministre d’État sous Louis XIII, puis pendant la jeunesse de Louis XIV. Sa gouvernance, aux côtés d’Anne d’Autriche, mère et régente de Louis XIV, est marquée par le tumulte. Son engagement au pouvoir absolu du roi est aussi fort que sa conviction de l’importance de la connaissance et de la langue, laquelle se manifeste par la création d’une des plus grandes bibliothèques de l’Europe de la Renaissance : la bibliothèque de Mazarin, située dans l’enceinte de l’Académie de la langue française. Sous l’égide de ces deux cardinaux se trouvent trois des principaux architectes du Ballet royal de la nuit : Jean de Cambefort, qui est chanteur à la chapelle privée du cardinal de Richelieu et qui devient, en 1651, surintendant de la musique de Louis XIV ; Isaac de Benserade, poète et écrivain admiré parmi les membres de l’Académie ; et Henri de Gissey, dessinateur des décors et des costumes.
Le Ballet royal de la nuit est présenté le 23 février 1653 à la salle du Petit-Bourbon de Paris.
L’auteur anime Trésor de la musique classique à 21 h, les dimanches et mercredis sur CIVR 103,5 FM et Radiotaiga.com.
