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le Jeudi 30 mai 2019 18:36 Culture

Aux jardins de la musique classique 30

Aux jardins de la musique classique 30
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Au printemps de la musique baroque en Grande-Bretagne, deux contemporains de John Dowland rayonnent à partir de la chapelle royale de la dynastie des Tudors :

Thomas Tallis et William Byrd. Tous les deux composent de grandes œuvres polyphoniques pour voix et pour grands orgues dans un contexte caractérisé par deux facteurs.

Le premier est le contexte sociopolitique religieux caractérisé principalement par l’instauration de l’Église anglicane, que Henry VIII propulse en bloquant le pouvoir politique et la collecte économique du Vatican sur plus de neuf-cents institutions catholiques en Angleterre. Cela est à l’origine d’un conflit interne que sa fille, la reine Marie, essaye de régler en reliant le Vatican à des églises catholiques, mouvance ralentie par Elizabeth I, qui stabilise le pouvoir royal sur l’Église anglicane et son domaine dans la Grande-Bretagne. Thomas Tallis est le compositeur et organiste de la Chapelle royale à partir de Henri VIII et il y demeure jusqu’à sa mort durant la gouvernance d’Elizabeth I. C’est dans cette chapelle qu’il rencontre William Byrd et partage la chaire de compositeur et d’organiste pour Elizabeth I.

Le deuxième facteur qui contextualise les compositions de Thomas Tallis et William Byrd est le changement de paradigme dans la composition polyphonique. Aux débuts de leurs compositions, ils opèrent dans le paradigme des compositions à plusieurs voix, dont Palestrina (compositeur italien) est le principal architecte musical qui avait été critiqué par la camerata florentina en raison de l’éclipse du sens des paroles. Il reste que Tallis compose une de plus belles compositions polyphoniques, Spem in alium, un motet chanté par quarante voix indépendantes. Le changement de paradigme se produit par l’influence des membres de l’Église anglicane, qui suivent les énoncés de Martin Luther pour donner plus d’importance à la clarté de la parole en simplifiant les harmonies vocales et instrumentales d’accompagnement. Toutefois, leurs habilités dans la composition polyphonique se maintiennent dans leurs compositions pour grands orgues. Le grand orgue du XVIe siècle résulte des transformations morphologiques et acoustiques à l’orgue hydraulique inventé par Ctésibios, en Alexandrie au IIIe siècle av. J.-C. Il est l’instrument le plus puissant, doté de plus de sept octaves musicales dont chacune des notes est alimentée par des souffleries et projetée par un tuyau (individuellement) pour être jouée dans de grands espaces, raison pour laquelle il est adopté et adapté pour faire partie des grandes cathédrales et églises. Cet instrument permet le rayonnement des compositions polyphoniques de Thomas Tallis et de William Byrd.

L’auteur anime Trésor de la musique classique à 21 h, les dimanches et mercredis sur CIVR 103,5 FM et Radiotaiga.com.