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le Vendredi 22 juin 2007 0:00 Culture

Un jeune artiste se libère en créant. Culture: À 23 ans et le monde dans ses mains

Un jeune artiste se libère en créant. Culture: À 23 ans et le monde dans ses mains
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Arthur James Abel, un résident du village K’atl’odeeche sur les rives de la rivière au foin, se promet un avenir sur les routes du monde.

« J’ai commencé à m’intéresser à l’art dès l’âge de 19 ans. À vingt ans, je me suis lancé vraiment dans ce domaine. Pour moi, l’art et la culture sont un domaine de carrière. Un jour, j’ai lu une brochure qui mettait en valeur les artistes. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que je pouvais évoluer grâce à mes innovations, et que si je pouvais créer rien ne pourrait m’arrêter », assure Arthur.

Pour l’instant cet autochtone de 23 ans, voyage la plupart du temps. « Je reviens tout juste de Snowdrift (Lutselk’e) et je vais repartir pour High Level. Je vais voir ma famille et c’est une bonne place pour vendre mes œuvres. Je sculpte sur le bois, je dessine et je confectionne des capteurs de rêves. »

Au printemps, Arthur donnait des ateliers pour travailler avec les perles. Malheureusement, il n’y a eu que très peu d’inscriptions. « Quand je montre ce que je fais, les gens me disent qu’ils aimeraient apprendre cette technique. C’est pour ça que j’ai mis en place ces ateliers, mais j’imagine que ce n’était pas vrai, ça ne les intéresse pas. »

À l’épreuve du jugement des autres, ce jeune homme a appris de ne plus se soucier des mauvais commentaires. « Les gens m’ont critiqué, car je travaillais avec des perles. Ils m’ont dit que c’était des affaires de filles et que ça ne valait rien. Je m’en fout pas mal. Je suis heureux quand je fais mes capteurs de rêves. Ce que je crée, personne ne peut me l’enlever. Ce sont des œuvres qui seront toujours alentour. Pour moi ce travail détient une signification bien spéciale. Il y a un point où ta vie commence, et un autre où elle va finir. Les différentes mailles sont l’expression du sentiment que ton chemin peut être positif et parfois négatif. Mais au bout du compte, c’est le vide, car tout le monde meurt n’est-ce pas! »

Récemment, l’artiste ténois a présenté une demande pour obtenir une bourse du Conseil des arts des TNO. Il attend encore la réponse, et compte un peu là-dessus pour développer d’autres projets. « Je ne vais pas m’arrêter à ce que je fais maintenant. Je sais que si ça se fait, je peux le faire. Alors, je veux bien enseigner tout ce que je sais aux autres, mais je vais continuer avec toutes sortes d’autres médiums. J’ai déjà été en prison et pendant cette période j’ai reçu des visions. Maintenant, je sais qu’un jour, je voyagerais à travers le monde, et que je vais sculpter une statue à mon image dans de la saponite. »

Arthur a illustré un livre de légendes d’après un conte d’Henry Beaver de Fort Smith. Le livre, qui se nomme The one who breaks ice, dépeint la rencontre entre des pêcheurs et la créature du Grand lac des Esclaves. Un serpent qui naviguerait depuis des siècles dans les eaux profondes du lac. BV : Arthur Abel montre ses œuvres en évolution. « C’est le monde, ça tourne, il ne s’arrête pas ! Nous sommes tous connectés, les Noirs, les Rouges, les Blancs ou les Jaunes. Il ne faut pas que les gens oublient de s’entraider », commente-t-il.