Il y a déjà quelques semaines que le député de Great Slave, Bill Braden, a annoncé qu’il ne serait pas des élections du 1er octobre. Celui que l’on voyait très souvent armé d’une caméra lors des événements officiels a décidé de se concentrer entièrement à sa passion : la photographie.
« Mais je ne quitte pas définitivement les Territoires du Nord-Ouest pour autant, précise-t-il. Je cherche une école à Vancouver que je pourrais fréquenter pendant un an ».
Le diplômé de l’École Sir John Franklin dit ne sentir aucune nervosité de ce départ vers la ville et de cette nouvelle aventure. « Nous sommes tous excités. Une fois que j’ai pris la décision de ne pas me représenter, j’ai eu l’appui de ma famille et nous sommes enthousiastes ».
Il faut dire que Bill Braden est issu d’une famille d’artistes. Son frère est l’un des bassistes les plus connus en ville et sa fille aînée étudie les beaux-arts. Quant à la cadette, elle suit un programme de musique au collège. « Ça fait cinq ans que j’entends parler de l’expérience de mes filles ».
Le député sortant se dit un « amateur-avancé » en matière de photographies. S’il veut améliorer ce talent, il dit cependant ne pas avoir l’ambition d’en vivre. « Il y a des choses sur lesquelles je dois m’améliorer », admet l’autodidacte.
Son champ d’intérêt est sans contredit le portrait. Le politicien dit vouloir saisir « l’image des gens. Qui sont-ils? Qu’est-ce qu’ils sont? Je veux apprendre ce qui fait un bon portrait », révèle celui qui a commencé sa carrière de journaliste en 1972 ici, à Yellowknife.
Parlons politique ! Est-ce que Bill Braden s’ennuiera de la politique? Des jeux de coulisses qu’il a pu observer pendant huit ans? En gros, il répond qu’il sait de quoi il ne s’ennuiera pas : « de l’incertitude crée par le gouvernement canadien sur ce qui va se passer dans le Nord. Les revendications territoriales, la dévolution et le partage des revenus provenant des ressources naturelles sont tous de compétence fédérale », déclare celui qui plaide pour une plus grande autonomie politique pour les Territoires du Nord-Ouest. « J’étais très optimiste, mais je suis peut-être naïf. J’espérais qu’on aurait du progrès. Je veux aider à construire les Territoires, mais le gouvernement fédéral constitue une grosse barrière ».
Il continue cependant d’espérer. « On doit garder espoir. Si nous abandonnons, nous sommes perdus. Je n’abandonne pas ces objectifs et je ne suis pas le seul à les avoir. Tout ça ne s’arrêtera pas parce que je quitte ».
Il y a d’ailleurs fort à parier que l’on reverra le nom de Bill Braden dans les journaux peu après son retour. Il rappelle que « l’on n’a pas besoin d’être politicien pour faire la différence ». Cet homme d’action continuera donc de travailler auprès d’organismes engagés dans le développement des territoires qui l’ont vu grandir.
« Il serait facile de partir et de me plaindre, mais ça ne fera aucun bien. Quand on s’engage, il y a des moments de grandes satisfactions », dit-il, rappelant le combat qu’il a mené pour l’amélioration des pratiques à la Commission des accidents de travail.
Au cours des quatre dernières années, M. Braden a souvent soulevé la question de la Commission des accidents de travail des TNO et du Nunavut. « Nous voyions une organisation qui ne faisait pas ce que l’on voulait d’elle. Il y a eu une enquête de la vérificatrice générale et des suivis en comités avec le conseil d’administration de la Commission », raconte-t-il. Une nouvelle loi sur la question devrait finalement être adoptée au cours de la courte session du mois d’août. « C’était long et complexe, mais je suis satisfait parce que l’on voit l’organisation changer pour en devenir une de service ».
Au niveau personnel, Bill Braden se souviendra du voyage qu’il a fait avec sa fille, à l’occasion d’une assemblée générale de la Nation dénée à Tulita. « Leon Lafferty nous avait invités à accompagner les délégués tlichos. Nous avons voyagé en bateau de Fort Simpson à Tulita. Le voyage a pris deux jours et il y avait le Grand chef Joe Rabeska et une quarantaine de Dogribs. L’assemblée a duré 4 jours et j’ai beaucoup appris. Je n’oublierai jamais l’hospitalité et la générosité du peuple tlicho », raconte-t-il, encore empreint de ce souvenir heureux.
