Du 16 au 19 août, une trentaine de groupes de musique se sont succédé sur les différentes scènes du Festival South Slave Friendship de Fort Smith. Les prestations durant le jour ont profité du beau temps pour offrir une ambiance familiale, tandis que les spectacles du soir ont su drainer l’énergie torride des spectateurs enivrés.
Le concept intéressant du festival a été de faire jouer les groupes pendant une demi-heure et de les reprogrammer sur une autre scène le soir même ou le lendemain. Un système qui a permis aux musiciens de se produire devant trois ou quatre audiences différentes.
Le style des groupes présents variait du métal, au folk, en passant par le blues et le rock. À quelques reprises, c’est la gigue des violons qui a battu la mesure avec l’ensemble Kole Crook fiddlers. Composé de Lewis Beck à la guitare sèche et de deux jeunes joueurs de violons de Fort Simpson, le trio a joué des rythmes pour une ambiance familiale au parc Connibear. «Nous avons joué pour Folk on the rocks cet été, et c’est bien de voir la différence de public, explique Wesly Hardisty. Cela fait juste 10 mois que je joue et je me suis intéressé au violon car mon cousin en jouait.»
Une soirée hors norme
Si les scènes extérieures étaient faciles d’accès et n’ont pas nécessité une expertise du tonnerre pour s’y produire, la sélection pour la soirée du Ship Wreck Shake 2007 a été très serrée. En effet, la liste des groupes pouvant se produire à l’intérieur de l’aréna, au cours de la soirée du samedi, n’a été révélée que tard dans l’après-midi, laissant planer l’excitation à travers les musiciens et les festivaliers. Ainsi ce sont retrouvés sur scène, en autres, les Villians of the 1990’s de Hay River, The Dawgwoods venant de Yellowknife, Pat burke and friends, Smoke Blu, State of the Art et, pour clore le spectacle, Over eight de Fort Smith. Si le début de soirée a sonné un peu clair par manque de spectateur, l’ambiance s’est finalement installée vers minuit pour ne plus cesser de chauffer jusqu’à une finale électrisante. Il faut dire que le bar est demeuré le lieu privilégié du public pendant longtemps, laissant la piste de danse à quelques énergumènes impatients de se déhancher. Quand le clou de la soirée s’est pointé sur scène, vers les deux heures du matin, la salle au complet était prête. Prête, mais pas à ça! Un peu plus tôt en entrevue, le chanteur d’Over eight, Rylan Goudreau de Hay River, s’exclamait que si son groupe de hard rock était choisi pour clore le Shaker du soir, il ne faudrait pas s’étonner de son accoutrement. Finalement c’est habillé d’un ensemble de nylon noir que le chanteur est arrivé sur scène, avec une serviette verte à sa taille. Dès le premier couplet de Breaking the Surface la serviette est disparue pour dévoiler que Rylan portait une coquille de hockey blanche et que la partie postérieure de son ensemble noir avait était maladroitement découpée. Si, dès la fin de la première chanson, une dame est montée sur scène pour que le concert s’arrête net, les spectateurs en voulaient plus et ont expulsé la contestataire sous les applaudissements de la foule. Une bonne revanche pour la foule alors que, quelques heures plus tôt, une femme qui faisait une danse obscène devant la chanteuse du groupe Smokee Blu avait gentiment été reconduite. À la fin du concert, sous les lumières blanches de l’aréna, la foule s’est dissipée dans le calme pour continuer de célébrer ce festival de l’amitié.
