Tyler Hawkins joue d’une guitare particulière: la guitare à 17 cordes. Ce résident de Hay River a enregistré cette année, le premier album jamais réalisé avec cet instrument de musique classique. Bach on Seventeen Strings compile une œuvre pour luth et une œuvre pour violoncelle du compositeur Jean Sébastien Bach, et dévoile l’amplitude des sonorités accessibles grâce à cette guitare hybride de huit cordes dont on en a ajouté neuf autres pour les basses.
Initié en novembre 2006, l’enregistrement des pièces a été finalisé au printemps 2007 dans les studios du Bunker (Haywired Audio Production) à Hay River. Après la sélection des meilleures pistes, le disque a été masterisé à London en Ontario. Tyler Hawkins qui a produit lui-même ce premier album explique le processus de création. « Je n’avais pas beaucoup de temps, alors nous avons concentré les sessions d’enregistrements sur des périodes de dix heures d’affilée essentiellement la fin de semaine. Étant enseignant, les vacances scolaires du printemps m’ont permis d’avancer énormément, de plus le bâtiment où se trouve le studio était libre, ce qui était parfait pour la concentration et le niveau de silence requis pour l’enregistrement d’un instrument classique en solo. Ce n’est pas comme pour un groupe de rock qui est capable de couvrir n’importe quelle pollution sonore. Le matériel a ensuite été soumis à un spectromètre pour niveler le son de chacune des pièces et après mon accord, il a été pressé à 1000 exemplaires ».
Pour Tyler Hawkins, ce premier album est un moyen de mettre en valeur cet instrument hors normes. « Il n’y a que quatre exemplaires de cette guitare dans le monde, garantit le musicien. Depuis longtemps je voulais laisser une trace de cet instrument. J’ai essayé de profiter du fait que cet instrument puisse jouer la musique du luth dans la façon dont elle a été écrite. La suite pour luth a été arrangée par une maison d’édition et j’ai pu rajouter quelques basses. On peut dire qu’avec cette guitare, je peux jouer une octave plus bas que la normale. La suite pour violoncelle s’accorde avec celle pour luth, là aussi j’ai ajusté les basses.»
Outil promotionnel
C’est le 19 octobre, qu’a eu lieu le lancement officiel du disque compact. Tyler Hawkins en collaboration avec le Back Eddy a organisé une célébration pour la sortie de son album. Une soirée dans un bar pour réunir ses amis et jouer un peu de guitare.
Le conseil des arts des TNO a financé la moitié de cet album, l’autre moitié, c’est l’artiste qui l’a assuré. «C’est aussi un outil pour me promouvoir, c’est une première dalle sur la voie des maisons de disque, des stations de radio et des sociétés de guitare. Je veux juste leur dire que je suis là et je joue de cette musique. J’ai longtemps été professeur de guitare et musicien professionnel de jazz, je connais bien le milieu. Grâce à la qualité de ce disque, je peux frapper à quelques portes. Mais, je suis très patient rendu à ce point-ci. En fait, je vois ma carrière de musicien s’élever dans une dizaine d’années. Je serais peut-être retraité de ma carrière dans l’éducation et j’aurai tout le temps pour me pratiquer et maintenir un niveau élevé de maîtrise de mon instrument. Cette guitare a été confectionnée en 1985, et c’était mon instrument alors que j’étais étudiant en performance à l’université de York. Quand je suis venu dans le Nord, je ne l’ai pas amené. Finalement en 2005, j’ai décidé de me réapproprier cette guitare après onze ans. Le titre du disque est en fait un jeu de mots pour dévoiler ce retour aux 17 cordes.»
