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le Vendredi 14 Décembre 2007 0:00 Culture

La Commissaire aux langues commente finalement son rapport Suite à un malentendu avec l’Assemblée législative

La Commissaire aux langues commente finalement son rapport Suite à un malentendu avec l’Assemblée législative
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L’imbroglio avec l’Assemblée législative étant réglé, la Commissaire aux langues des TNO, Shannon Gullberg a finalement pu commenter son rapport annuel 2006-2007.

Rappelons que Mme Gullberg avait décliné de faire des commentaires sur le rapport la semaine dernière, car elle croyait que le document n’avait pas été déposé à l’Assemblée législative, ce qui s’était avéré inexact. Elle précise que le gouvernement des TNO ne l’avait pas avisé que le rapport avait été reçu en Chambre.

La Commissaire aux langues n’a pas nié que ce nouveau rapport ne contenait pas autant de substance et de recommandations que par les années passées, mais a annoncé qu’un autre document allait être présenté sous peu.

« Je pense qu’il y a de la place pour beaucoup plus de recommandations. Je suis sur le point de terminer un rapport sur les langues dans les soins de santé, mais je voulais le faire dans un rapport séparé. Ça devrait sortir au début de la nouvelle année et il va y avoir des recommandations, c’est sûr. […] Attendez à janvier », a indiqué Mme Gullberg.

Elle a aussi expliqué pourquoi l’une des deux seules recommandations du rapport de cette année, celle suggérant un registre de traducteurs et d’interprètes, est une copie conforme de l’année précédente. « C’en est une très importante. Je ne peux insister assez que le besoin d’interprètes et traducteurs est la clé. […] Si le gouvernement est complètement dévoué pour la préservation et la promotion de la langue, vous devez avoir les ressources pour être sûr que ces choses arrivent sur le terrain », a signalé la Commissaire aux langues.

Mme Gullberg s’est d’ailleurs dite satisfaite dans ce dossier de la réponse du Comité permanent des priorités et de la planification, comité de l’Assemblée législative qui voit aux questions touchant les langues officielles. « Le Comité semble finalement reconnaître que c’est un enjeu urgent. […] J’ai eu l’impression dans leur dernière réponse qu’il commence à comprendre »

Mais pourquoi ne pas demander plutôt l’embauche de personnel bilingue, comme exigé en 2006 dans le jugement en première instance de la juge Moreau, dans la cause de la FFT contre le gouvernement territorial?

« L’idée d’engager du personnel qui a des compétences dans plus d’une langue est une bonne idée, mais ce n’est pas facile », a répliqué Shannon Gullberg. Elle donne l’exemple des professionnels de la santé dont le recrutement, même de personnel unilingue, est difficile dans le contexte du Nord. « C’est une chose de dire d’engager du personnel bilingue. C’est une autre chose de trouver, en fait, ces gens avec des compétences et, en plus, qui sont aussi bilingues ».

Invitée à commenter la baisse du budget du Commissariat aux langues qui est passé de 200 000 $ à 180 000$ au cours de la dernière année, Shannon Gullberg a dit qu’il ne fallait pas s’inquiéter. « Je ne pense que ça va être une tendance de voir le budget descendre plus bas », a-t-elle raconté.

Elle acquiesce que le budget a encore une fois été très loin d’être dépensé en 2006-2007, son bureau utilisant seulement 106 000 $ des 180 000 $ disponible, mais elle insiste que cette situation est loin de remettre en cause l’existence même du Commissariat. « De mon point de vue, le budget est encore suffisant et adéquat, mais je ne voudrais pas le voir descendre plus. La réalité est qu’il n’y a pas eu beaucoup de plaintes au bureau », a affirmé Mme Gullberg.

Cette dernière ajoute que les communautés de langues autochtones n’ont pas eu beaucoup recours au Commissariat dans les dernières années, mais que des fonds devaient rester disponibles si la tendance venait à changer. Elle ajoute que son bureau utilisera plus son budget cette année en raison notamment de l’embauche d’un employé à temps partiel ces derniers mois.

Fernand Denault se désole

Le président de la Fédération franco-ténoise, Fernand Denault, n’a pas semblé donner beaucoup de crédibilité à l’exercice annuel qui vient d’être complété par Shannon Gullberg. En plus de trouver le rapport passablement vide, il regrette de voir le budget annuel du Commissariat aux langues encore diminué.

« Il n’y a pas si longtemps, il se chiffrait à 400 000 $, a-t-il confié. Le gouvernement continue de donner de moins en moins d’importance à ce bureau ».

M. Denault n’a pas non plus été impressionné par la recommandation de la Commissaire aux langues voulant la mise en place d’un répertoire d’interprètes et de traducteurs. « Ça peut être bon pour les affaires à l’interne du gouvernement, mais ça ne répond pas aux besoins de la communauté francophone. Ça n’assure pas l’égalité dans les services », a-t-il souligné.