Du 31 mars au 4 avril 2008, le musée de la vie nordique de Fort Smith a accueillie les œuvres de deux francophones. L’exposition montée dans deux salles distinctes a bien reflété la différence qui existe entre l’approche créatrice de ces deux artistes. Dans la première, peintures, livre et installations travaillées d’Anik Valcourt ont épousé l’architecture irrégulière de l’espace. Dans la seconde, les affiches étirées de Maxime Deschênes se sont fondues dans une pièce lisse et épurée. Les deux artistes se sont entendu pour nommer leur première exposition aux TNO d’un titre qui leur a permit de faire résonner leurs dissemblances: Le mélange des genres se ressemble.
«Notre travail se ressemble sur certains thèmes, a commenté Anik Valcourt. Dans la mesure des couleurs, dans l’expression de la texture. Je travaille avec du relief, des superpositions et des transferts pour créer mes œuvres, pour Maxime, même si la texture de ses photos n’est pas tangible, il reste que son travail numérique souligne ces notions aussi.»
Alors que Maxime Deschênes utilise la nature ou les paysages pour sujet, les œuvres d’Anik Valcourt reposent sur le corps humain. Mouvements, nudités et expressions capturés par photographie sont transférées sur toiles ou sur papier. L’artiste qui accumule ses installations depuis 2003 croit que le contenu de quelques unes des ses œuvres peut choquer. «J’exprime la pureté d’une situation, a-t-elle expliqué. Je recherche une sensation autant quand je crée que quand l’observateur se retrouve devant mes créations. Le but n’est pas de choquer, mais je me demande si les gens seront à l’aise avec tout ça, ici dans un petit village comme Fort Smith.»
Si Anik Valcourt avait déjà quatre ou cinq collectifs derrières elle, c’était une toute première exposition pour Maxime Deschênes. Celui qui a commencé à travailler sur ses œuvres à l’hiver 2007 s’est dit très content d’être à Fort Smith. «Je trouve ça génial, il y a moins de pression à commencer ici», explique-t-il alors qu’il complétait son accrochage à quelques heures du vernissage. «Je fais de l’art accessible et varié, les gens qui découvrent mes œuvres les apprécient pour des raisons différentes. Cela reflète bien mon ouverture d’esprit et le fait que je sois multidisciplinaire», a-t-il élaboré.
Un certain paradoxe se dégage de ces séries d’images qui exhibent la nature du Nord travaillée et modifiée par ordinateur. Comme si la transformation numérique de simples prises de vue permettait de redécouvrir le détail, la beauté et l’originalité brut de la nature. «J’ai du plaisir à créer avec les photos que j’ai prises, j’atteins un juste milieu entre l’art spontané et l’utilisation de l’outil informatique, a expliqué Maxime Deschênes. Je peux travailler sur plusieurs œuvres en même temps, jusqu’à ce que j’atteigne le «feeling» que je recherche. Je ne recherche pas toujours quelque chose, mais il faut que mon travail me fasse vivre quelque chose. Je porte mes créations au plus loin que je peux.»
Les deux artistes veulent tous deux poursuivre l’expérience d’exposer aux Territoires. Seul ou en duo, Maxime Deschênes aimerait intervenir à Hay River prochainement. Anik Valcourt, de son côté est déterminé à monter une exposition solo pour Fort Smith avant le mois de Juin 2009.
