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le Vendredi 4 avril 2008 0:00 Culture

Musique pour la communauté: Des légendes solitaires

Musique pour la communauté: Des légendes solitaires
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Après cinq interventions devant des audiences variées de Fort Smith, Gérald Laroche a adopté un rythme bien a lui pour débuter sa tournée dans les quatre plus grandes communautés francophones des TNO. Ce musicien aussi à l’aise devant les foules que tout seul dans le bois, raconte d’une mélodie solitaire une chanson visuelle qui entoure son public d’une ambiance expliquant le Nord légendaire.

Que ce soit devant les élèves de l’école élémentaire JBT, les familles du programme préscolaire de l’Association des francophones de Fort Smith, les aînés du centre Northern Lights ou le reste de la communauté, le musicien Franco-manitobain a su montrer sa versatilité devant des salles bien fournies. À travers des légendes inspirées par ses voyages, il a déposé dans les oreilles de son public toutes les images sonores nécessaires pour que les gens se laissent transporter. De Alert sur l’île d’Ellesmere aux lacs gelés du Nord du Manitoba, c’est au son de ses multiples instruments à bouche qu’il fait voyager. Ruines babines, arcs à bouche indien et bombardes délivrent tous les sons permettant de visualiser la beauté et l’enchantement décrit par les contes de l’artiste.

Dans les rues de Fort Smith, Gérald Laroche s’est senti dans un environnement familier. «Ça ressemble un peu à mon village où j’ai grandi, dit-il. Dans le temps, c’était considéré comme le Nord du Manitoba même si nous n’étions qu’à 100 Km de Winnipeg. J’apprécie ce genre de places, elles sont souvent remplies d’inspirations. Quand je rentre chez moi et que je compose, je pars d’une vision, d’une scène que j’ai observée et de là j’imagine une musique qui va conter l’histoire visuelle d’où j’étais avant.»

Sur scène, l’harmoniciste narre le conte puis laisse l’histoire musicale rejoindre l’imaginaire du public. Plus tard, il explique qu’il a toujours voulu jouer d’un instrument mais qu’à l’age de onze ans, un harmonica avait été le seul qu’il avait pu se payer. Son intérêt musical avait dès lors augmenté et après les gigues traditionnelles, il connut le blues à douze ans en la personne de Sonny Boy Williamson, ensuite ce sera les rythmes cajuns et tout un monde musical qui suivra. Et le spectacle continue…

«J’aime jouer avec les sons, j’expérimente beaucoup et je travaille la fluidité par la suite. Avec une cinquantaine d’instruments dans ma caisse, il faut que je prépare les enchaînements et que je place bien mes harmonicas pour que le fil du conte ne se perde pas. Ce que j’aime avec le blues c’est qu’il me permet de donner énormément d’accent à la musique. Ce style utilise la voix et je peux atteindre des notes assez hautes avec certaines techniques élaborées de chant», a-t-il confié en entrevue.

Depuis dix ans de spectacles en solo, l’artiste a su conquérir son public grâce à un style qui lui est désormais attribué. «Je ne dirais pas que j’ai cherché à me démarquer des autres mais, dès mes débuts, j’ai essayé d’inventer ma manière de jouer et maintenant des gens la reconnaissent, a-t-il avoué. Pour moi un son c’est avant tout une image. J’aime être capable de communiquer d’une manière ou d’une autre, mais que ce soit en peinture ou musique, je transmets quelque chose de visuel. Toutefois, je ne définis pas complètement mes sons quand j’interprète mes légendes sonores. Si tout n’est pas pré-maché pour l’auditeur, son cerveau va essayer d’établir des connections avec ce qu’il connaît et c’est à ce moment que l’imaginaire se met en marche.»

Suite à son passage à Fort Smith, l’artiste se présentera entre autres devant le public communautaire de Hay River le 4 avril, d’Inuvik le lendemain et de Yellowknife le 9 avril.