Lorsque Sophie Léger a été approchée par l’Association des francophones du delta du Mackenzie (AFDM) récemment, c’est une chanteuse soliste qu’on recherchait. Mais cette dernière avait mieux à leur offrir: un groupe.
Il faut dire que les gens impliqués dans l’organisation du souper spectacle « Nuits à Paris », qui financera en partie le voyage au Québec d’une classe d’immersion à l’école SAMS, ne savaient pas que l’artiste francophone évoluait maintenant dans un groupe musical du nom de Willowroot.
C’est l’ancien maire d’Inuvik Peter Clarkson, qui a eu l’idée de faire appel à ses services. Celui qui aussi le père d’un des enfants qui partira au Québec se rappelait de Sophie Léger pour l’avoir vu chanter au festival End of the Road il y a deux ans. Après quelques vérifications budgétaires, l’AFDM était donc très heureuse de pouvoir présenter rien de moins qu’un groupe 100 % francophone et francophile lors de la soirée-bénéfice à saveur parisienne qui aura lieu au complexe récréatif du Midnight Sun, le 19 avril prochain.
Marie Coderre, agente de développement à l’AFDM, n’attend rien de moins que 200 personnes pour cet événement d’importance qui sera une source de financement inestimable pour le périple de fin d’année en sol québécois dans lequel 15 élèves de la classe d’immersion française des 5e et 6e années prendront part du 10 au 17 mai.
La création de Willowroot
Cette soirée aura aussi un cachet spécial pour le groupe Willowroot qui présentera pour la première fois une prestation en dehors de la région de Yellowknife.
À sa défense, il faut noter que le groupe existe depuis à peine plus d’un an. Willowroot a été fondé originalement par la chanteuse et musicienne, Sophie Léger, et le guitariste James Boraski, qui ont été mis en contact suite à quelques performances au resto-bar Le Frolic. Les deux musiciens ont effectué quelques spectacles avant d’être joint par un troisième membre à la basse. Celui-ci a cependant quitté Yellowknife et c’est alors que le passionné de musique, Rudy Desjardins, a offert de prendre le relais comme bassiste. Par la suite, Jonathan Churcher, un ami de longue date de Boraski, est venu à son tour se rajouter au groupe. Celui qui joue des percussions et de l’harmonica a vécu bon nombre d’années au Québec, où il a eu la chance de collaborer musicalement avec les artistes de renom Jim Corcoran et Richard Séguin.
Finalement, l’instrumentiste Patrick Duxbury, que Léger et Boraski connaissaient depuis un certain temps, a fait son apparition dans le groupe. Le francophile est véritablement un musicien versatile alors qu’il peut jouer de la flûte, du tambour, du clavier et plusieurs autres instruments.
Sophie Léger a été très heureuse de constater que l’intégration de tous ces nouveaux membres s’est très bien déroulée. « Quand tu trouves un autre musicien, ce n’est pas évident parce que tu veux quand même qu’il y ait une chimie. Il faut que ça matche entre les personnes et qu’il y ait une bonne camaraderie », a indiqué Sophie Léger. Elle poursuit que c’est justement cet esprit amical qui fait qu’il est aussi plaisant de jouer dans ce groupe. « Ce n’est pas juste une business. Nous sommes aussi des amis. »
Le répertoire musical de Willowroot offre un mélange de compositions et de reprises et alterne aussi entre le francophone et l’anglophone. Il est d’ailleurs très important pour Sophie Léger de représenter dans le groupe cette dualité linguistique qui caractérise le Canada. « J’écris en français, j’écris en anglais. Mon cerveau fonctionne dans les deux langues. Je ne serais pas confortable de faire un groupe uniquement en anglais, ça ne me représenterait pas », a-t-elle révélé.
Sans définir un genre précis à la musique de Willowroot, Sophie Léger parle d’une influence blues mélangée à des mélodies paisibles qui en font une excellente musique d’ambiance. La spécialité du groupe est d’ailleurs d’évoluer dans des contextes où ils ne sont pas le centre d’attraction comme les banquets ou les réceptions. « C’est une musique qui se porte bien comme dans une atmosphère de lounge. Ce n’est pas du gros rock. D’ailleurs, les commentaires que nous avons, spécifiquement quand nous jouons au Frolic, c’est que les gens aiment ça parce qu’ils peuvent parler tout en écoutant. La musique ne les dérange pas », a expliqué la chanteuse. Pour donner une idée, le groupe peut reprendre dans ses spectacles des pièces de Tracey Chapman, Johnny Mitchell, Leonard Cohen ou The Eagles. Du côté francophone, Beau Dommage ou Daniel Lavoie sont quelques exemples.
