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le Vendredi 18 juillet 2008 0:00 Culture

Hay River: De la jeunesse plein les murs

Hay River: De la jeunesse plein les murs
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Il aura fallu trois jours à la jeune équipe d’artistes pour compléter le premier des sept tableaux qui composent leur projet de murale. Les cinq résidents de Hay River ont adopté un rythme de croisière depuis le 14 juillet et pensent réussir à achever leur œuvre avant la rentrée des classes. En plus de leurs emplois d’été, ils travaillent dès l’après-midi et profitent de la clarté des soirées pour donner des coups de pinceau jusqu’à minuit.

Chantay Boulanger-Rowe qui a manifesté son intérêt à participer à ce projet depuis plus d’un an est heureuse de pouvoir enfin le concrétiser. « Nous avons attendu longtemps la machine pour laver les murs, et puis nous avons repeint la surface pour finalement commencer à tracer nos tableaux. J’avais vraiment envie de faire ce projet, maintenant mes amis et moi, nous travaillons comme si cela ne finissait jamais », a rapporté la jeune francophone en charge du projet.

La première ébauche de fresque sur le mur du magasin Field voisin des locaux partagés de l’Association franco-culturelle de Hay River (AFCHR) et de L’Aquilon consistait en une grande pièce soulignant les thèmes du respect et de la diversité. Mais suite à une rencontre entre les futurs peintres de cette murale, il a été décidé de suivre les propriétés de ce mur composé de sept panneaux. Dès lors, les artistes ont décidé de suivre leurs inspirations et de ne pas se tenir à un thème général. Les dessins ont ensuite été approuvés par le gérant du magasin au détail et il ne restait plus qu’à se mettre au travail. Il est prévu que les sept tableaux soient délimités par des bandes séparatrices qui elles aussi subiront les élans créateurs de ces jeunes. Seule une d’entre elles détient pour l’instant un concept de base, elle sera un hommage au gendarme Worden, assassiné l’an passé à Hay River.

« Depuis que je parle de ce projet aux gens, on me dit que peindre en grand c’est plus facile. Et je dois avouer que c’est vrai. J’aime vraiment ça cette technique. D’abord, on trace notre dessin et ensuite on le remplit de couleur. Et puis travailler avec mes amis, c’est vraiment intéressant. On se connaît mieux et nous sommes fiers de notre effort collectif. Avec cette expérience, on découvre des choses que l’on ne connaissait pas au sujet de nos amis. Par exemple, maintenant nous savons que l’un des frères jumeaux, Travis est somnambule », a expliqué Mlle Boulanger-Rowe.

Il faut spécifier que depuis le début des travaux, les jeunes dorment dans les locaux de l’AFCHR pour s’assurer que des visiteurs nocturnes ne viennent pas saboter leurs œuvres. Car si pendant la journée, les passants sont ravis de voir cette initiative en action, quelques jeunes ont déjà manifesté leur rébellion contre ce projet et ont menacé les artistes de reprendre leurs droits sur ce mur. C’est de la pitié et un peu de haine qu’éprouvent les cinq jeunes envers ces démonstrations égoïstes.

« Je ne comprends pas comment ces jeunes peuvent être fiers de cette rue vulgaire, dit la chargée de projet. » Ils éprouvent aussi un peu de peur, car ils aimeraient vraiment finir cette aventure et cela sans confrontation. À la fin, chaque panneau sera verni pour offrir le maximum de protection, mais les jeunes restent lucides et ne se font pas d’idée sur le sort de leur travail.

« C’est malheureux, mais je pense que le mur va être vandalisé. Mais même si cela arrive nous nous serons fiers de ce que nous aurons accompli et nous aurons eu une belle expérience », a conclu Chantay Boulanger-Rowe.