Lors de sa première série d’audience publique, le Comité permanent des opérations gouvernementales qui invitait tous les Ténois à exprimer leur point de vue sur la Loi sur les langues officielles des TNO (LLO) n’a relevé aucun commentaire en français dans les quatre communautés visitées dont deux sont reconnues pour leur dynamisme francophone soit Yellowknife et Fort Smith.
D’après le représentant du président du comité, Robert Hawkins, les entretiens ont attiré plusieurs personnes à chacune des quatre soirées. « Elles ont permis de récolter beaucoup d’informations sur la vision qu’ont les Ténois sur la LLO et c’était très constructif et utile. Plusieurs personnes nous ont parlé ouvertement et nous avons été surpris de n’avoir entendu l’avis d’aucun francophone, surtout à Fort Smith où l’on connaît leur présence », a déclaré celui qui a siégé à toutes les réunions publiques. Questionné sur la façon dont l’Assemblée législative avait annoncé ces rencontres, M. Hawkins a jugé ne pas être celui qui pouvait commenter l’effort publicitaire mis en place. Il a toutefois nuancé que si plusieurs personnes de différentes communautés linguistiques s’étaient présentées, finalement l’information s’était bien rendue.
Pour le directeur général de la Fédération franco-ténoise, Léo-Paul Provencher, c’est spécifiquement le peu de communication et le court préavis qui a rendu impossible la présentation de commentaire le mardi 2 septembre à Yellowknife. « C’est une invitation de dernières minutes. J’ai de la difficulté à me sentir prêt à représenter la communauté sans préparation. Il me semble que si l’on veut consulter une communauté, on peut s’organiser pour leur laisser le temps au moins d’identifier leurs questions », a-t-il rétorqué et ajoutant que c’est en lisant son journal le vendredi précédent qu’il a appris la tenue de cette audience.
Deux conseils, plusieurs désavantages
Pour les personnes qui se sont présentées, cette première ronde de consultations a été l’occasion de critiquer l’existence des deux conseils consultatifs pour le ministre responsable des langues officielles. Pour plusieurs, les années n’ont vraisemblablement pas été favorables à l’amendement de 2003 qui avait divisé la responsabilité des dossiers reliés à la promotion et à la revitalisation des langues autochtones de celle des dossiers liés à la prestation de services. À l’époque, la création d’un second conseil (jugé adéquat pour mieux représenter les intérêts de la communauté francophone) avait suscité la controverse alors que beaucoup questionnaient le dédoublement des mandats et les dépenses y étant reliés. « Plusieurs personnes ont questionné l’utilité des deux conseils consultatifs, a expliqué le député Menicoche qui préside le Comité permanent des opérations gouvernementales. Plusieurs commentaires ont souligné que ce dédoublement affaiblissait nos capacités à concentrer nos efforts et nos ressources. »
Selon le député du Nahendeh, la révision de la LLO est utile pour récolter les commentaires des résidents et préciser la vision qu’ils ont de cette loi qui touche les onze langues officielles des TNO. « D’après les notes que j’ai reçues, a-t-il ajouté, les Ténois persistent à percevoir ce comité comme une voix auprès de leur gouvernement. Nous avons reçu plusieurs revendications, entre autres sur le financement de certains programmes et ceci essentiellement pour les langues autochtones. » M. Menicoche a cité l’exemple de plusieurs personnes qui ont sollicité un nouveau financement du programme d’interprète au sein des communautés linguistiques autochtones, un programme utile et stimulant qui a disparu depuis six ans selon lui.
D’autres opportunités
Le Comité permanent des opérations gouvernementales va poursuivre sa tournée dans les communautés. Après Yellowknife, Fort Résolution, Fort Smith et Behchoko, ce sera le tour de Fort Simpson (22 septembre) Deline (23 septembre) et Inuvik (24 septembre) à être convié aux entretiens publics de cette révision. En entrevue, Robert Hawkins a insisté sur l’idée d’ouverture du comité concernant les groupes linguistiques ne s’étant pas encore exprimés. « Nous ferons tous les efforts possibles pour rencontrer les groupes qui veulent exposer leurs commentaires pour cette révision. Nous allons publier une ébauche de la révision dès le mois d’octobre, mais le comité est ouvert aux commentaires soit par Internet ou sur demande devant le comité à Yellowknife jusqu’au mois de novembre. Par la suite, le rapport final sera soumis dès le printemps 2009 », a-t-il conclu. À la lumière de ces alternatives, Léo-Paul Provencher a déclaré qu’il allait laisser le choix au réseau associatif francophone des TNO de décider si une tribune devrait être organisée lors de la future réunion du Conseil territorial des présidences et permanences, le 4 octobre prochain, pour discuter de ce sujet. Néanmoins, le directeur général de la FFT, a rappelé que l’essentiel des commentaires francophones portant sur l’évolution de la LLO aux TNO, a été enregistré lors des multiples instances juridiques opposant la FFT et le GTNO en 2005 et 2007.
