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le Vendredi 3 octobre 2008 0:00 Culture

Fort Smith: Lumières de verre

Fort Smith: Lumières de verre
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Michel Labine, Franco-Ontarien de la région de Sudbury, est connu par les lecteurs de L’Aquilon puisque Maxence Jaillet a fait son portrait en février 2007. Rappelons brièvement qu’il est dans le Nord depuis les années1980 et qu’après avoir exercé plusieurs métiers il s’est retrouvé à Fort Smith dans les années 1990. Il s’est intéressé au vitrail pour avoir un loisir créatif lors de sa retraite, mais il s’est passionné beaucoup plus vite que prévu. Aujourd’hui, il traite avec une clientèle locale et internationale.

Il y a un an et demi, il a présenté une demande au Conseil des Arts du Canada pour réaliser le projet d’illustration des prochains Jeux de l’Arctique. La commande exige que chaque région soit représentée par son tambour et un vitrail évoquant une scène typique de la culture régionale. Il doit figurer l’Alaska, le Yukon, les TNO, le Nunavut, le Nunavik, le Groenland, les Sames (peuple autochtone du nord de l’Europe autrefois appelé les Lapons) et les Nenets de la Sibérie.

« Pour dessiner les vitraux et pour fabriquer les cadres des tambours, j’ai fait beaucoup de recherches sur internet pour enrichir mon inspiration, explique-t-il. Le seul endroit qui me donne un peu plus de misère, c’est la Sibérie, c’est l’un des endroits où je ne suis jamais allé et j’ai plus de difficulté à me figurer comment est la culture locale. »

Michel Labine commande ses verres aux États-Unis et son bois au Canada. Il dessine ses motifs sur un papier transparent qu’il pose ensuite sur une table lumineuse. Là, il agence des couleurs de verre, puis il découpe les pièces qu’il assemble avec un amalgame de plomb et d’étain.

Ensuite, il prépare chaque tambour en fonction de ce qu’il a pu apprendre, soit par documentation, soit par contact direct. Certains ont des peaux de caribou, d’autres des panses d’estomac d’ours, d’autres ont une poignée selon la région d’origine. Même les lacets qui fixent les peaux sont enfilés de manières différentes. Michel Labine fait tremper son bois en grande lanière épaisse dans un tube rempli d’eau chaude puis il est capable d’arrondir et de fixer définitivement le cercle de bois. Le vitrail est inséré dans ce cadre. En janvier prochain les œuvres seront exposées au musée de Fort Smith. Michel Labine souhaite que cette exposition puisse circuler partout aux TNO.