Il y a quelques années, les associations culturelles francophones des TNO représentaient les seuls lieux de ressources documentaires de loisir en livres, magazines, films et musique. Puis, avec la mise en place des écoles et des programmes d’immersion, l’offre en bibliothèque s’est étendue dans les locaux scolaires. Ces fonds ont pris une ampleur considérable tant du point de vue de la quantité des ressources que du point de vue de la fréquentation des utilisateurs. À titre d’exemples, l’école Boréale a un fonds de 5 600 livres et l’école Allain St Cyr de 10 000 livres. Sans compter les ressources audiovisuelles en constant accroissement.
C’est là que de nouveaux usages apparaissent. Sophie Call, directrice de l’école Boréale, confirme cette évolution. « On a acheté pas mal de vidéos pour les jeunes ces deux dernières années et on met l’emphase dans notre bibliothèque sur les produits médiatiques en logiciels, musiques et DVD. » L’école Allain St Cyr propose environ 300 DVD en prêt. À Hay River, les demandes concernent aussi les films et la musique. À Inuvik, un club vidéo va être créé l’an prochain. Marie Coderre, de l’Association des francophones du delta du Mackenzie, confirme cette évolution. « L’école a beaucoup de ressources, notre fonds associatif n’est pas gros, témoigne-t-elle. Je pense à développer un partenariat avec l’école, faire une sorte de bibliothèque/vidéothèque ambulante qui ferait le tour des classes une fois par mois, ça pourrait être un service associatif qui se distinguerait de l’école. » À Hay River, Catherine Boulanger constate que les demandes concernent davantage des films en français que des titres de livres.
La lecture devient un loisir plus ponctuel dans le temps
À Yellowknife, Catherine Lafrance observe que le fonds associatif est peu développé, alimenté principalement par des dons et sujet à des emprunts très ponctuels. « Je suis convaincue que la bibliothèque de l’école est plus utilisée, mais ici on peut mettre des efforts pour monter un club de lecture, parce que je reçois quelques suggestions de titres, reconnaît-elle. J’aimerais faire des soirées de lectures, avec des critiques et des discussions. » Même idée du côté de l’Association franco-culturelle de Hay River.
Vicky Lyonnais, d’Alpha TNO, est responsable d’un centre de ressources documentaires au sein de la bibliothèque de l’école Allain St Cyr. Après avoir mené des ateliers lecture et bricolage auprès d’enfants accompagnés de leurs parents, elle souhaite mieux cibler les activités autour du livre. « Au centre de ressources, on a des enfants de 2e et 3e année accompagnés de leurs parents, explique-t-elle. C’était ouvert les soirs de la semaine et le samedi matin mais personne ne venait dans la semaine. Je me dis qu’il nous faut plus de visibilité. Dans les prochains mois, je vais faire une enquête auprès des parents. »
Les associations et Alpha TNO souhaiteraient constituer une base de données en ligne afin de favoriser le prêt d’ouvrages et de films entre les quatre communautés. Une base de données sur papier existe déjà, mais les prêts intercommunautaires ne sont pas encore mis en place. La mise en ligne reste donc un projet en gestation, selon Vicky Lyonnais, un tel programme est possible, mais dépend d’une ressource humaine supplémentaire pour la réalisation.
