le Samedi 11 avril 2026
le Vendredi 7 novembre 2008 0:00 Culture

Joaillerie: L’originalité porteuse d’Art

Joaillerie: L’originalité porteuse d’Art
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Nouvel emplacement, nouvelles installations, nouvelles créations…Beaucoup de nouveautés pour une passion qui ne date pas d’hier. Artisan joaillier depuis 1985 à Yellowknife, François Thibault profite du déménagement de son magasin T-BO dans le centre commercial du Monkey Tree pour développer l’idée de la première usine de bijoux aux TNO.

Pour installer son nouveau local, M. Thibault s’est tout d’abord attelé au système de ventilation. Un moteur couplé à un filtre qui capte poussières et émanations toxiques à un rythme de 14 mètres cubes par minute. Ainsi, l’artisan possède plusieurs bouches de ventilation qui surplombent différents ateliers où il confectionne ses pièces. L’étape de la fonte du métal, que ce soit de l’or, de l’argent ou autre se fait sous une énorme hotte alors que la température idéale oscille dans une fenêtre de 50 degrés Fahrenheit pour que la matière fondue remplisse à souhait le moule de plâtre. Lorsqu’il travaille le bois de cervidés ou l’ivoire fossilisé de mammouths, c’est une autre bouche aspirante en plastique ABS qui engouffre tous les résidus de la sculpture. Finalement lorsqu’est venu le temps de griffer un diamant sur une bague ou un collier, une hotte de cuisine avec une puissance décuplée, permet d’inhiber toutes les odeurs au banc de travail. Fier d’avoir installé les poumons de sa boutique, François Thibault déclare qu’il possède tout l’équipement nécessaire à produire en quantité des copies de sa collection. « Avec tout le matériel que j’ai acquis, je suis capable de concrétiser toutes les étapes de conception d’un bijou, du concept original à la réalité. Je suis bien sûr capable de créer des originaux, mais aussi j’ai la possibilité de faire des négatifs en caoutchouc de ces pièces qui me permettent de confectionner des reproductions à volonté », dit-il. L’artisan note toutefois qu’il lui faut choisir entre élaborer sa collection personnelle et la reproduire. Le processus de création est long et comme il travaille seul, il ne peut pas faire que des originaux, de plus qu’ils ne valent pas tous la peine d’être reproduit. Pour lui la solution viendrait de la formation. « Pour l’instant, l’industrie des diamants est tournée vers le taillage plus que l’artisanat. Pourtant sans l’artisan, le peuple ne peut pas profiter des diamants, car comme je dis toujours, tu ne peux pas demander ta blonde en mariage avec un diamant lousse dans ta poche. » Il aimerait que le gouvernement réintroduise des formations pour donner une chance à des individus qui possèdent déjà des talents artisanaux de se développer dans la joaillerie. Histoire que tout le monde ne soit pas autodidacte comme lui.

L’ouverture officielle de la boutique est prévue pour la mi-novembre. Pendant les premières semaines, T-BO produira des commandes de Noël et exposera de nouvelles créations dès l’année prochaine. Selon M. Thibault, sa clientèle est constituée de gens qui favorisent les bijoux créés par des artisans. Sa capacité à capturer l’essence du Nord dans ses bijoux donne à ses pièces un attrait tout particulier. Il concède qu’étant un artisan, il n’est même pas pensable de concurrencer les grands bijoutiers de ce monde que sont Tiffany, Cartier ou Harry Winston même s’ils utilisent les mêmes diamants ténois.