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le Vendredi 14 novembre 2008 0:00 Culture

Arts visuels: Autodidacte en photographie

Arts visuels: Autodidacte en photographie
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Il n’est pas photographe animalier ni portraitiste. Comme il le dit lui-même, « je ne suis pas patient pour ça. J’aime photographier les enfants, mais sinon je ne photographie pas les personnes. »

En revanche, ce qui le captive c’est la nature dans ses déploiements d’arbres, de fleurs, de cours d’eau, de lacs, de levers et de couchers de soleil et les vieilles voitures. Selon le moment, selon son humeur, l’envie peut le prendre d’attraper son appareil et de faire 500 clichés, pour n’en garder finalement qu’un nombre très réduit après une sélection rigoureuse. Cadrage, plongée, contre-plongée, profondeur du champ, vitesse d’obturation, premier plan, arrière-plan sont des bases techniques qu’il a acquises tout seul et sur lesquelles il s’appuie pour progresser dans ses résultats.

C’est dans le milieu familial qu’il a pris goût à ce loisir. « Mon père faisait beaucoup de photo sur papier et, vers la fin de l’adolescence, j’ai acheté un appareil photo à 100 $, raconte-t-il. J’ai commencé à prendre un peu tout. Puis je me suis rendu compte que je prenais des photos bien cadrées, mais que mon appareil était trop bas de gamme. En 2001, j’ai investi dans un appareil Nikon. » À partir de là, il approfondit ses connaissances techniques, notamment à partir d’une encyclopédie sur la photo. Puis il se lance dans la pratique du photographe amateur qui procède par essais et erreurs. Il se rapproche peu à peu d’un but qui émerge au fur et à mesure qu’il fait son autoformation, à savoir rendre perceptible l’imperceptible que l’on ne peut toucher, ces frissons de vie endormie sous la neige, cette eau qui coule et que l’on pourrait boire, ce bleu du ciel qui aspire le spectateur vers son infini. « J’aime la belle photo, dit-il, et pour moi c’est la photo qui fait ressentir la matière. »

Pour atteindre ce but, le budget matériel s’est considérablement alourdi pour atteindre les 2 000 $. Cela représente un boîtier Nikon, une lentille 80/200, une lentille 24/80, un trépied. Peu à peu, les photos de Patrick Poisson commencent à apparaître. « Je suis à un moment charnière, dit-il. Traditionnellement j’offrais des photos à ma famille et ça restait dans ce cadre familial. Mais je commence à montrer de plus en plus mes photos et je reçois des commentaires de la part des gens. Ça me fait plaisir quand quelqu’un me demande si c’est moi qui ai fait les photos et quand on trouve que c’est beau. »

Un projet de publication de livre de voyage, écrire et photographier, titille l’esprit du photographe. Avant d’aborder cette aventure, il s’occupera de sa campagne de financement pour le voyage scolaire. Il préparera un choix de photographies pour illustrer des calendriers personnalisés selon les commandes des parents pour 2009 et d’autres photos qui seront mises à la vente aux enchères de l’école Boréale au printemps prochain.