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le Vendredi 27 février 2009 0:00 Culture

Artiste peintre de Hay River Émergences

Artiste peintre de Hay River Émergences
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Les peintures de Natacha Kruger-Rewega témoignent d’une force d’expression nouvelle dans le Nord. Au printemps, des toiles commenceront à circuler dans des expositions. En attendant, voici une esquisse de ses créations turbulentes.

Natacha Kruger-Rewega peint depuis plus de 20 ans. Elle a commencé au début de l’adolescence. Acrylique et autres peintures, appliquées au pinceau. Sur des toiles. Mais pas n’importe lesquelles. Des toiles de sa fabrication, avec des matériaux recyclés.

« Je n’ai jamais eu d’argent pour acheter du matériel, alors je prends ce que je trouve et je fabrique ce qu’il me faut », explique-t-elle. Textiles et bois de récupération lui permettent de réaliser des supports aux dimensions qu’elle souhaite pour chacune de ses peintures.

Car, chaque création a sa propre dimension, selon l’image qu’elle a dans son esprit. « Je vois à l’avance ce que je veux peindre, dit-elle. J’ai une image en tête, je sais exactement ce que je veux faire. » D’où les cadres carrés, rectangulaires, horizontaux, verticaux, et de tailles variées qui reçoivent ses motifs peints avec des mouvements de pinceau balayant les motifs, creusant ou gonflant une teinte, illuminant ou couvrant un paysage, relevant un détail à coup de couleurs entremêlées ou juxtaposées les unes à côté des autres.

L’une des particularités de sa production consiste en peintures sur fond noir. Un fond obscur, dense et riche de teintes qui, lorsqu’elles sont mélangées, aboutissent à un noir de jais, un noir de charbon, un noir travaillé dans le ton sur ton, où les passages successifs des fibres du pinceau accentuent l’éclat et la brillance profonde de ce noir. Par-dessus, elle peint un sujet. Non pas une image complexe, mais un sujet. Cela peut être une fleur, répétée à plusieurs exemplaires sur la toile, ou un portrait, ou un profil de paysage. Le fond noir permet ainsi de réaliser une étude minutieuse d’un motif, de travailler dans l’infiniment simple ou l’infiniment complexe.

« Quand je décide de travailler sur un thème, comme des arbres, je suis capable de faire plusieurs études sur le sujet », avoue-t-elle, en reconnaissant que la texture des couches appliquées rejoint son désir de donner du relief et du volume à une toile rigide au début. « J’aime les tableaux qui te donnent envie de toucher, de sentir par les mains qu’il y a une surface qui pourrait bouger sous les doigts. » L’un des artistes avec lequel elle peut ressentir une circulation d’énergie dans les peintures s’appelle Gustav Klimt, un peintre autrichien né à la fin du XIXe siècle.

La décision de vivre de son art a accompagné le cheminement de vie personnelle de Natacha Kruger-Rewega. Elle a grandi en français et en anglais entre le Québec et les Territoires du Nord-Ouest. Installée à Hay River, elle y a fondé sa famille. Depuis que son enfant a franchi le cap des deux ans, elle se sent plus disponible pour être attentive à ses émotions, qui sont à la base de son inspiration. « Il s’agit de me concentrer sur ce que j’ai à faire, dit-elle. J’avais souvent entendu des gens dire que le jour où ils agissent en accord avec leurs désirs, tout vient et c’est vrai pour moi aussi. »

Depuis qu’elle a décidé de pratiquer son art à temps plein, elle a reçu des témoignages d’intérêt de la part d’organismes locaux qui souhaitent exposer ses œuvres, tout d’abord dans un magasin d’objets de décoration et de jardinage, ensuite dans une école de Hay River.